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Out Of The Crowd Festival, un fest underground qui fête ses 10 ans

Quel est le passé, le présent et l'avenir d'un festival qui garde ses principes de découverte et de festival intimiste


Vendredi 18 avril 2014

Le festival a 10 ans cette année. Avec un peu de recul, êtes-vous fiers du chemin parcouru ?

Oui, cela fait maintenant 11 années que le festival est en route. On a parcouru beaucoup de chemin depuis les débuts, d'une organisation très DIY, nous avons aujourd'hui appris énormément sur la façon d'organiser des évènements.



Vous êtes combien dans l'équipe pour vous occuper d'un festival comme celui-là ?
Nous sommes 10 au sein du Schalltot collective. ça évolue toujours un peu suivant les années, les disponibilités de chacuns etc...

Le festival semble éviter toute dérive commerciale et, comme au premier jour, la programmation est axée sur vos propres découvertes. Comment un festival est-il encore viable financièrement avec une approche si confidentielle ?

Pour nous ce qui est important est de proposer une alternative aux festivals commerciaux, de toutes façons, vu la grandeur du OOTC, nous ne pourrions pas nous permettre de payer des groupes comme sur les gros festivals. Ce qui nous intéresse nous c'est de faire jouer les groupes qui nous passionnent. On est avant tout des fans de musique avant d'être des promoteurs. Et vu que nous avons des goûts assez pointus et éclectiques, il en ressort une programmation plutôt inhabituelle qui suit nos coups de coeur au grès des années. Pour ce qui est de la viabilité du festival, chaque année, nous sommes toujours à la limite de la limite, le jour où le public ne suivra plus, on sera cuits et le festival aussi donc on croise les doigts chaque année jusqu'au dernier moment.

Au Luxembourg, vous êtes forcément confrontés aux inconvénients des frontières politiques et linguistiques. Tentez-vous malgré tout d'attirer le public belge, allemand et français ou le public luxembourgeois suffit-il à remplir vos salles ?

Sans le public transfrontalier, nous aurions déjà mis les clés sous la porte depuis longtemps. Le public pour une musique underground au Luxembourg est trop restreint, il faut donc se démener afin de faire venir nos voisins belges, français ou allemands au festival sans qui on pourrait compter facilement une centaine de personnes en moins. Nous sommes étonnés également de voir d'années en années des personnes venant des Pays-Bas, d'Angleterre ou bien mêm de Hongrie une année, on propose en quelque sorte le genre de festival qui n'existe pas forcément autre part.

Vu d'ici, le Luxembourg semble être un pays aux poches sans fond, aux subsides presque illimités pour les structures musicales et culturelles, même petites. Dans la réalité, comment êtes-vous concrètement aidés pour l'organisation d'un festival tel que le OOTC ?

C'est très simple, d'un point de vu financier, il n'y a que la Kulturfabrik et l'état qui nous aide sur l'organisation budgétaire du festival. Nous essayons bien de dégoter des sponsors mais l'envergure du festival n'intéresse que très peu ces grosses structures. C'est pourquoi le gestival garde cet esprit DIY même quand l'affiche est plus importante.


Breton, tête d'affiche de l'édition 2014 du festival.

Tout en restant très pointue, la programmation de votre affiche est assez large musicalement. De la pop au doom, il y a de la marge quand même. Comment le public plus pop réagit-il à la présence de groupes plus durs et inversément ?

Je dirais qu'il y en a pour tous les goûts. Bien souvent nous sommes assez étonnés du retour des gens qui sont venus voir la tête d'affiche et qui accrochent sur un groupe carrément barré juste parce qu'ils n'ont pas l'habitude de voir ce genre de musique. C'est en quelque sorte un apprentissage à la musique underground en un jour. Je pense que le festival se conçoit plus comme un partage que comme un évènement mercantile, c'estb ce qui fait son succès.

Au fil des années, vous-êtes vous imposé comme règle d'organiser le festival sur une seule journée, alors que vous pourriez avoir suffisamment de groupes pour le faire en un week-end ?

Nous voulons garder le festival à la Kulturfabrik. Et si nous voulions le faire sur deux jours, les personnes de l'étranger devraient faire un choix entre l'un ou l'autre jour ou prendre un hôtel, ce qui ne facilite pas la tache pour nous organisateurs. Pour ma part, je préfère tout donner sur un jour et les gens font leur petit marché musical au long de la journée, ça rend les échanges plus intéressants.

Pour les 10 ans, avez-vous un regret concernant l'affiche, un groupe que vous vouliez absolument et que vous n'avez pas pu avoir ?

Pas vraiment, un festival s'organise toujours suivant la période ou la date fixée, ainsi, on doit faire avec les alés des calendriers des artistes. Je dois t'avouer qu'un petit Dismemberment Plan aurait bien fait plaisir mais qui sait pour l'année prochaine ;)

Et sur les 9 premières éditions, de quoi (un groupe à l'affiche ou un fait précis) êtes-vous le plus fiers ?

Pour être honnête avoir Battles
Battles


Clique pour voir la fiche du groupe
en 2011 était une expérience énorme. On est tous super fans du groupe et c'était un peu l'aboutissement d'un rêve. Après des grosses claques, on en eu énormément : These Arms Are Snake, Pelican
Pelican


Clique pour voir la fiche du groupe
, PVT
PVT


Clique pour voir la fiche du groupe
, This Will Destroy You
This Will Destroy You


Clique pour voir la fiche du groupe
, And So I Watch You From Afar
And So I Watch You From Afar


Clique pour voir la fiche du groupe
, The Redneck Manifesto
The Redneck Manifesto
Clique pour voir la fiche du groupe
etc...


The Redneck Manifesto
The Redneck Manifesto
Clique pour voir la fiche du groupe
à la Zone (Liège) en 2005


Que diriez-vous à un jeune qui hésite entre venir au Out Of The Crowd et aller au Rock Am Ring ?

Je dirai juste que si tu es un peu curieux et que tu as envie de passer une journée relax dans un cadre super sympa ou la musique prime sur tout le reste, il faut passer à la Kufa ce samedi. C'est un festival de passioné pas mercantile pour un sous, on a pas gagné un centime sur ce festival depuis sa création donc c'est un partage de passion.

Pour toi, le festival existera-t-il encore dans 10 ans ?

J'espère bien, si on est pas sur nos rotules entre-temps ;)
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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

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