Surtout connu des amateurs de Metal présents à la traditionnelle fête de la musique de Thionville, le nom de Damage Done Prod se fait de plus en plus insistant depuis ces deux ou trois dernières années. Auteur de quelques affiches pas piquées des vers (les Haunting The Chapel notamment), ou récupérant quelques jolies tournées (inter)nationales, l’association lorraine apporte un peu de consistance à la scène locale en permettant de s’y voir produire pointures et autres groupes plus habitués à évoluer de l’autre côté des frontières jalonnant la région (Luxembourg ou Allemagne notamment). Une démarche pas si éloignée de leurs collègues arlonais de Cronos ASBL, et de quoi susciter l’intérêt de Shoot Me Again. L’occasion d’en discuter avec Max...
1/ Salut Max, peux-tu revenir un peu sur les origines de Damage Prod ? Quand l’association fut-elle créée, à quelle occasion ?
Salut Guillaume ! Alors
Damage Done n’est initialement pas née sous ce nom. Avec des collègues de promo on a créé une association en 2010 pour un projet universitaire. On avait pour vocation d’organiser un mini festival tout en mettant en avant ce qui avait été appris pendant nos années d’études. De là a été organisé un premier concert, puis ce mini fest dénommé « Let’s Rock ». On a fait 170 personnes au Dock Club 412, le café était plein c’était super ! Finalement après le projet la majorité n’a pas voulu continuer, l’association a été dissoute et
Damage Done Productions a été fondée dans la foulée (en juillet 2011) par les trois membres qui désiraient poursuivre l’aventure.
2/ Qui gère l’association au jour le jour ? Combien êtes-vous au total et comment se répartissent les responsabilités ?
A ce jour le noyau dur est composé d’une dizaine de personnes, et une autre dizaine prête à prêter main forte en cas de besoin. Chacun a ses spécialités en fonction des études effectuées ou des positions professionnelles, du coup les répartitions se sont faites un peu naturellement en fonction. Après d’un point de vue « préparation » des événements on est à trois ou quatre à plancher dessus. Notre force est surtout les jours de concerts où chacun a sa place sur le plateau, en loges, en cuisine, à l’entrée, aux vestiaires, etc.
3/ Qu’est-ce qui t’a particulièrement motivé à l’idée de reprendre l’association ? Est-ce que la charge de travail que cela représente est à la hauteur de tes espoirs ?
Quand on a créé l’association on avait surtout comme volonté de faire jouer des groupes du coin dans les cafés autour de Metz. On était loin de s’imaginer qu’on en serait là en aussi peu de temps. Après, le soutien de la scène locale a toujours fait partie de nos volontés, aujourd’hui les cafés concerts ont fermé mais le soutien porté à ces groupes est toujours là à travers la mise en avant en premières parties sur quasi toutes nos dates.
Pour la charge de travail on apprend à la gérer avec le temps. C’est vrai que ça n’a rien à voir avec les débuts mais c’est ça qui fait le piquant de la chose ! Puis du moment où on peut proposer ce type de date, on se moque un peu du nombre d’heures passées sur la prod !
4/ J’ai été assez bluffé par la salle des Trinitaires à Metz la première fois que j’y suis venu : l’aspect ancienne chapelle, le bar à l’extérieur,... Comment en êtes-vous venus à organiser des concerts à cet endroit ? S’agit-il maintenant de votre premier choix de salle systématiquement ?
C’est vrai que la salle est belle et qu’organiser des concerts de Metal dans une chapelle c’est énorme ! Les Trinitaires ont été les premiers à nous ouvrir leurs portes et à nous faire confiance alors qu’on n’avait que quelques concerts au compteur. L’aventure a commencé là-haut avec l’organisation du premier festival
Haunting The Chapel. On cherchait à organiser une soirée Metal en janvier mais
Eths
Eths1 chronique · 3 galeries était programmé le lendemain. La question d’une possible concurrence entre les deux dates est apparue, du coup on a proposé de réunir les deux soirées en un festival et proposer un pass deux jours.
Aujourd’hui c’est la salle avec laquelle nous avons le plus de vécu et le plus travaillé. Parler d’un premier choix est un peu dénigrant pour les autres salles, car chacune a ses spécificités, mais je t’avoue que j’adore énormément le cadre et l’atmosphère qu’il y règne (sourire)
(vue depuis les backstages des Trinitaires)
5/ Pour autant, vous organisez aussi des concerts ailleurs : Rombas, la BAM à Metz, bientôt Nilvange... Concrètement qu’est-ce qui te guide dans le choix de la salle ?
Alors ça dépend un peu du ou des groupes que l’on reçoit. Le premier point c’est la capacité du lieu. Après certains groupes ont également des demandes techniques qui ne peuvent être remplies dans une ou l’autre salle. Toutes les salles avec lesquelles nous avons la chance de travailler ont des caractéristiques et des capacités différentes. Ca va de 350 à 1100 places, avec des scènes de 6 à 15 mètres d’ouverture du coup ça se réfléchit en fonction du lieu et du projet.
6/ Je t’ai déjà croisé lors de concerts en Allemagne notamment. Tu sens vraiment une différence dans les concerts organisés là-bas ? Au niveau du public notamment ? Et sinon, est-ce que tu voyages facilement pour des concerts ou des festivals ?
Quand on aime on ne compte pas ! Du coup non, ça ne me dérange pas de faire de la route pour aller voir tel ou tel groupe à une centaine de bornes de chez moi. Pour exemple, en 2013 on a même fait un aller-retour à Paris pour retourner voir
The Agonist
The Agonist1 chronique après leur passage chez nous. Quand tu rentres à 4h du matin le lendemain et que tu as juste le temps de te changer pour aller bosser ça pique un peu... Les festivals c’est une autre histoire, avec les études puis le boulot je t’avoue ne pas avoir eu l’occasion d’en faire des masses.
Concernant les différences c’est surtout au niveau des publics. Les comportements et habitudes ne sont pas les mêmes en Allemagne, en Belgique, à Paris ou chez nous. Certains sont plus réservés, d’autres pus bruyants, d’autres totalement fous ! C’est cool, c’est ce qui fait la richesse du genre !
7/ J’avais posé la question à vos voisins de Cronos concernant la Belgique : est-ce difficile d’organiser des concerts en France aujourd’hui?
Je dirais qu’il y a deux échelles différentes. Quand on est une structure associative (on est dans le même cas que Cronos), on débute avec peu de moyens et on fait do it yourself comme on peut (à la différence de boites privées qui ont généralement de gros fond propres à leur lancement). Quand on a commencé à organiser on l’a fait avec 0EUR en caisse et dans des salles à notre taille : les bars. Aujourd’hui en France (je en sais pas s’il en est de même ailleurs) les cafés concerts ferment les uns derrière les autres et ce maillon est important pour les asso et les groupes. Une dizaine d’années en arrière il n’y avait pas un week end sans qu’il y ait un concert au 412 ou à l’Eurofoot. Aujourd’hui ces bars ou lieux de diffusion ont fermé ou n’organisent plus (le 412, l’Elixir, l’Eurofoot, le Soap Box, bientôt le Totem), d’autres prennent la relève mais la réglementation et les voisins de plus en plus intolérants n’aident pas… Après il faut savoir prendre des risques calculés sur de plus grosses soirées. Si j’avais écouté tous ceux qui m’ont déconseillé d’organiser aux Trinitaires car c’était « trop gros pour nous » on n’en serait pas là (sourire) Je ne sais pas si je suis clair mais c’est dur de répondre correctement à cette question !

8/ La tournée Overkill
Overkill1 chronique + Sanctuary
Sanctuary1 chronique ne passe pas par la Belgique, et vous en organisez la seule date française, ce qui fait un peu jaser certains fans habitant de plus grandes villes que Metz. Sans dévoiler de secrets, comment as-tu pu attraper cette date ?
Haha j’avoue que ça fait plaisir de voir que les gens râlent que ça passe par Metz et pas à Paris ou dans d’autres grandes villes, ça montre qu’on fait les bons choix de programmation ! Après il n’y a pas de « secrets » à proprement parler, il suffit de rester attentif à ce qu’il se passe, mais également d’avoir le bon réseau et les bons contacts.
9/ Quels sont vos bons souvenirs d’organisateurs ? Quelle date retenez-vous en particulier ?
Je n’ai pas l’équipe à coté de moi pour répondre au nom de tout le monde, mais pour ma part je t’avoue que ce sera la date avec
The Agonist
The Agonist1 chronique et
Threat Signal
Threat SignalVoir la fiche (+
Mors Principium Est
Mors Principium EstVoir la fiche,
Dawn Heist et
Ferium
FeriumVoir la fiche). Outre le fait qu’on ait été les premiers à faire jouer
The Agonist en France (eh oui avant Paris haha !) et que le concert était complet 3 jours avant, on a eu la chance de rencontrer des gens tout simplement géniaux. Des mecs humains, sans prise de tête avec qui tu peux discuter sans avoir l’impression de les faire chier. Franchement ça restera la meilleure pendant très très longtemps.
10/ A l’occasion d’une précédente discussion tu m’as dit aimer le Death Metal mais ne pas pouvoir te contenter de ne faire jouer que des groupes de ce style musical. Si on te proposait un beau plateau qui n’a cette fois carrément rien à voir avec le Metal est-ce que tu tenterais l’expérience ?
Je ne pense pas.
Damage Done est avant tout orientée Metal, Hard Rock et dérivés. Pour le moment nous n’avons pas la vocation de taper dans d’autres styles, que d’autres organisateurs connaissent bien et qu’ils font/feraient bien mieux que nous. Le coté positif c’est que le monde du Metal est tellement vaste qu’il nous permet d’explorer tous les style qu’il comprend. Ce n’est pas parce qu’on fait
Decapitated
Decapitated1 chronique · 3 galeries,
Belphegor
Belphegor3 galeries ou
Asphyx
Asphyx3 chroniques · 1 galerie qu’on va se priver de faire un
Skindred
Skindred3 chroniques · 5 galeries ou un
Lofofora
Lofofora4 chroniques · 5 galeries. La diversité fait la force de ce genre musical, ça serait dommage de se cantonner à un style plutôt qu’à un autre. Après ça fait râler les puristes les plus extrêmes, c’est con moi je suis un puriste du Metal en général haha !
11/ Comment vois-tu la suite ? Si on regarde le planning 2015 c’est déjà assez chargé : un festival pour commencer l’année, puis environ une date par mois. Allez-vous essayer de grossir, pour organiser des concerts plus gros encore ? L’expérience de Skindred
Skindred3 chroniques · 5 galeries au BAM à Metz peut-elle servir de base ?
C’est vrai que le planning jusqu’en juillet est déjà bien chargé ! Pour le moment on continue sur la lancée. Comme je l’ai dit plus haut on a la chance de travailler avec plusieurs salles désormais ce qui nous permet de programmer un peu plus. Après nous sommes tous bénévoles avec un travail à coté, il ne faut pas tomber dans le piège de vouloir trop organiser et ne plus s’en sortir. Aujourd’hui le fait d’organiser des dates de plus en plus grosses nous fait directement rentrer en concurrence avec l’étranger, notamment les salles du Luxembourg et le Garage à Sarrebruck (toutes à moins d’une heure de route de Metz). Donc pour le moment si on arrive à maintenir une cadence d’une dizaine de dates par an, dont 2 grosses à la BAM ça serait top ! On verra bien ce que l’avenir nous réserve (sourire)

12/ La prochaine grosse date c’est donc le Hauting The Chapel festival à Metz. Tu en es revenu un peu sur les origines en début de discussion, mais peux-tu en faire un petit état des lieux et éventuellement dévoiler vos ambitions futures ? Je trouve hyper intéressant de faire ça en janvier, une période traditionnellement calme en concerts, mais peut-être aimeriez-vous tenter une édition en été?
Aujourd’hui le festival a évolué et a trouvé, je pense, un équilibre quant à sa forme. On propose désormais trois jours, avec deux jours de concerts et une soirée table ronde la veille. La soirée table ronde a été lancée en 2014 et a attiré une quarantaine de personnes (pour être franc on en attendait une dizaine/quinzaine). C’est l’occasion de parler d’un sujet d’actualité en compagnie d’intervenants pro et bénévoles, issus de différentes branches : tourneurs, programmateurs, organisateurs, musiciens, etc. Sur la même soirée on propose également un apéro pour discuter après la table ronde, puis on projette un documentaire. Du coté des concerts, on propose huit groupes dont deux têtes d’affiches et deux groupes locaux/régionaux par soir.

Pour le moment les ambitions futures seraient de, peut-être, proposer une soirée à la BAM en plus des deux soirs en chapelle mais à voir en fonction des groupes en tournée, car comme tu le dis, c’est une période assez calme pour les spectateurs mais aussi pour les groupes !
Sinon pour l’édition d’été la question ne s’est pour le moment pas posée, car on a également la fête de la musique à Thionville qui est devenu notre rendez-vous estival (et gratuit !).
13/ Quels seraient les groupes que vous rêveriez de faire jouer ?
Pfiou dur de répondre ! Pour ma part je suis un grand fan de
Lamb Of God
Lamb of God1 chronique · 2 galeries et
Dark Tranquillity
Dark Tranquillity2 chroniques · 2 galeries, ça ça serait le pied ! (avec
Threat Signal
Threat SignalVoir la fiche le rêve s’est déjà réalisé en partie d’ailleurs !). Après je sais que certains de l’équipe diraient
Trivium
Trivium2 chroniques · 4 galeries,
Slayer
Slayer2 chroniques · 1 galerie,
The Darkness
The Darkness1 galerie,
Periphery
Periphery1 chronique · 1 galerie,
Mastodon
Mastodon6 chroniques · 3 galeries,
Dream Theater
Dream Theater2 chroniques,
In Flames
In Flames1 chronique · 3 galeries ou encore
Machine Head
Machine Head3 chroniques · 2 galeries. Wait and see !
14/ Un grand merci pour ton temps Max. Si tu veux ajouter quelque chose c’est le moment !
Eh bien écoute avec grand plaisir ! Je souhaite juste glisser un grand merci à tous ceux qui nous soutiennent, car sans la confiance de nos partenaires, sans le public qui se déplace (notamment certaines têtes que l’on voit à quasi tous nos concerts) et sans l’équipe qui compose l’association, aujourd’hui on n’en serait pas là !
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