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Tu ne connais pas Papy Metal ???

Mardi 8 novembre 2016

Papy Metal est un véritable phénomène. Il se décrit d’ailleurs lui-même comme fou.
Originaire de Bruxelles, il habite un petit bled dans la province de Namur et est présent dans la majorité des concerts et festivals metal de Belgique et des environs et tout le monde (ou presque) le connait. A 61 ans, il a encore et/ou toujours une énergie de dingue et si on n’y regarde pas à deux fois, on pourrait croire qu’il s’est trompé d’endroit ! Faut avouer que ce n’est pas courant de voir un grand-père dans un concert metal. Encore moins en kilt !
C’est à la Guerre des Gaules à Chênée que j’ai rencontré Antoine, enfin, Papy Metal, je veux dire !


Comment se fait-il que tout le monde ou presque te connaisse, Papy Metal ?
A force d’aller dans les concerts. J’ai commencé quand j’avais 14 ans, ça fait 47 ans ! Je sortais en cachette de mon père avec la complicité de ma mère. Mon père travaillait de nuit. Ma mère allait me conduire vers 19-20 heures au concert et revenait me récupérer vers minuit. C’était toujours un peu le stress pour que le concert se termine dans les temps pour être rentrés pour le retour de mon père à 2 heures du matin. À l’époque, je suivais des groupes comme Black Sabbath, Deep Purple, des groupes qui étaient qualifiés de « violent ».
Pendant dix ans, je travaillais en journée, j’allais en concert le soir puis je reprenais mon deuxième boulot de nuit. Et rebelote le lendemain.



Tu as dû voir un nombre incalculable de groupes en concert !
Oui, je ne saurais pas tous les citer. J’ai vu un millier de concerts. Je suis fort resté sur la Belgique, je trouve qu’on a pas mal de concerts et de festivals par rapport à d’autres pays. Je préfère les petites structures et les petits groupes.
Je suis très attentif à l’ambiance d’un concert, j’y vais majoritairement pour ça. J’aime vivre un concert à 100% avec tout mon corps. Si c’est juste pour boire un verre et rester planter devant la scène, regarde un dvd chez toi ! Généralement, c’est moi qui lance les mosh pit, stage diving et slam. Les autres suivent après !

Qu’est-ce qui te plait là-dedans ?
Les mosh pit, ça m’amuse. Je dépense mon énergie comme ça. À ce moment-là, je suis déconnecté de la réalité. Je ne me suis jamais blessé mais j’ai des bleus partout le lendemain. Ah si, je me suis cassé les côtes au MetalDays. J’ai dû rester calme pendant un mois. J’ai essayé, je dis bien, j’ai essayé. L’année d’après, les gars de la sécurité m’ont reconnu et m’ont dit « fais molo cette fois-ci ». J’ai trouvé ça sympa.


S’il vous fallait une preuve, voici un slam de Papy Metal.

Est-ce qu’il y a des groupes qui ressortent du lot ?
J’aime tous les styles de musique dans la mouvance metal mais mon groupe fétiche c’est Slayer. J’apprécie beaucoup car ils sont restés simples. Par contre, je suis fort déçu de Metallica. J’ai vu le groupe, il y a plusieurs années en Belgique dans une salle de 200 personnes. C’était très sympa, les membres du groupe n’étaient pas distants. Maintenant c’est clairement un groupe commercial. Par principe, je n’écoute plus Metallica et je ne vais plus les voir en concert.

Qu’est-ce que les gens disent quand ils te voient ?
Ils me disent « respect » et franchement ça me touche au cœur. Je n’ai jamais eu de réflexion déplacée du style « eh le vieux dégage ». En général, les gens m’apprécient. Les jeunes me disent qu’ils aimeraient être comme moi quand ils auront mon âge ou qu’ils aimeraient avoir un père comme moi. Beaucoup veulent prendre des photos avec moi.

Et le kilt ?
Je porte un kilt à chaque concert. Il y a 10-15 ans, j’étais un des seuls à le faire.
La première fois, je l’ai fait par provocation puis d’autres ont suivi. Je me sens à l’aise avec un kilt. En-dessous ? Parfois je porte quelque chose, parfois non.

Ta famille, qu’est-ce qu’elle pense de Papy Metal ?
J’ai trois enfants de 21, 32 et 34 ans et cinq petits-enfants. Quand j’ai été grand-père pour la première fois, je ne sais pas comment mais les gens l’ont su et depuis on m’appelle Papy Metal.
Ma famille n’en pense rien de particulier, ça ne la dérange pas.
J’ai essayé d’emmener mes filles avec moi quand elles étaient petites mais ça n’a pas marché. J’aurais apprécié, j’avoue, mais ainsi va la vie.
Quant à ma femme, elle fait quelques concerts avec moi de temps en temps. Ce n’est pas une rencontre faite dans les sorties, c’est une rencontre professionnelle.

En 47 ans de sorties metalleuses, as-tu remarqué des évolutions, des changements ?
Je constate qu’il y a de moins en moins de jeunes en concert. C’est plus une population de 30-50 ans. Quand j’ai commencé à aller en concert, il n’y avait que des jeunes. Ça doit avoir un rapport avec les finances. Une soirée dans un concert, c’est pas donné, ca a un coût non négligeable.
Ce sont les jeunes qui foutent l’ambiance. Avant c’était la folie dans la salle, maintenant c’est beaucoup plus mou.
Je remarque aussi qu’il y a plus de concerts en Flandre qu’en Wallonie. Les Wallons essayent de se décarcasser mais il y a peu de public et les organisateurs se cassent la figure. En même temps, le public wallon se plaint qu’il ne se passe rien chez lui mais il ne bouge pas souvent non plus. On en revient au prix des entrées, des boissons.


Photo par Laupi Photo


Qu’est-ce tu as envie de dire aux metalleux et metalleuses ?

J’ai envie de leur dire : amusez-vous ! Nous sommes une grande famille dans laquelle il n’y a quasi jamais de bagarre. Tout le monde se respecte et passe un bon moment ensemble, quelles que soient les opinions politiques, la classe sociale, les revenus.

Une rumeur circule disant que tu vas arrêter d’aller en concert. Info ou intox ?
J’avais dit que j’arrêterais à 45 ans, puis à 50 puis à 55 ans. Maintenant, je me dis « on verra bien ».
Cette année, j’ai de nouveau dit « j’arrête ». Au MetalDays, on m’a tellement cassé les pieds pour que je reprenne une place pour 2017… que je l’ai fait. Finalement je ne pense pas que je vais arrêter.

Que ferais-tu de tout ce temps libre ?

Mon potager, mes enfants, ma famille. On a toujours des trucs à faire.

Tu n’as jamais voulu être musicien ?
Si, j’aurais aimé être chanteur mais je chante comme une casserole. J’ai bien fait un essai mais ça a été catastrophique. Je trouve que les groupes sont fort statiques sur scène. Moi, j’aurais fait bouger le bazar !

Il n’est jamais trop tard !
Arrête de déconner ! Bon, j’avoue, ça aurait été bien, c’est vrai !

Est-ce que tu te sens vieux ?
Mentalement non mais le corps sent le poids des années. Avant, je bougeais de midi à minuit non stop, maintenant, je la joue plus calme. Je sortais 10-15 fois par mois avant. Maintenant 6 ou 7 fois par mois. Je sélectionne en fonction de la distance, des moyens que j’ai pour me déplacer. Depuis que je suis pensionné, j’ai moins d’argent.

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter à Papy Metal ?
Une longue vie et que je puisse continuer encore longtemps à m’amuser ! Mourir d’un arrêt cardiaque en plein concert, ce serait une belle mort pour moi ! Mais pas tout de suite !
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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évèn...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrièr...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe e...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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