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La vie cachée des instruments traditionnels. La nuit, certains se déchaînent sur des scènes metal.

Jeudi 23 mars 2017

Korpiklaani
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, Eluveitie
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, The Black Tartan Clan,
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Ithilien
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et Ardwynn en témoignent ici !
Eux qui mélangent accordéon, cornemuse, banjo, flûte et autres instruments traditionnels avec guitare, basse et batterie dans ce qu’on appelle le folk metal.

Je me suis toujours demandé pourquoi un instrument qui a, pour moi, plus sa place dans la chaumière d’un Hobbit ou d’un troll un soir d’hiver, se retrouvait dans un groupe metal ou punk.
Les instruments traditionnels que sont bombarde, biniou, vielle à roue, accordéon, cornemuse, banjo, bouzouki, etc. n’ont a priori rien en commun avec les guitares électriques, batteries et basses amplifiées. Que ce soit au niveau du look, du son, de l’utilisation, etc.
C’est un mariage plutôt inattendu que de plus en plus de groupes célèbrent (mais quel mariage ne l’est pas ?). Let’s go, on va voir comment ça se passe !



« Quand j'avais 9 ans, se souvient Sami Perttula de Korpiklaani
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, j'ai entendu le son d'un accordéon et je suis tombé amoureux du caractère de ce son naturel. Je suis originaire d'un petit village du nord de la Finlande et un jour, notre voisin est venu jouer de l'accordéon. J’ai eu l’impression d'observer un magicien faisant des tours de magie et j’étais persuadé que l'instrument me racontait des histoires qui n’étaient pas de ce monde. J'ai senti que la magie entrait dans ma vie et c'était vraiment cela ! »

« Mon intérêt pour la vielle à roue est né pendant mes études d’Histoire de l’art médiéval, se souvient Sabrina Gelin d’Ithilien
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. J’étais très intriguée par cet étrange instrument que l’on retrouve parfois dans les tableaux de Bosch ou Bruegel. »

Un mélange de sons et de ciment


« Les instruments traditionnels sont assez difficiles à se mélanger aux autres car ils sont plus aigus et semblent vivre leur propre vie, explique MacTouche de The Black Tartan Clan
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.
Nous utilisons une cornemuse et un banjo comme instruments traditionnels. Mixés avec une guitare brute, ça donne de bonnes vibrations et un super son. C’est un son particulier, un mélange de sons folk, pagan et celtic. »

Frank qui joue du tin whistle (flûte irlandaise) dans le groupe de folk metal liégeois Ardwynn trouve aussi que les instruments traditionnels apportent au metal tout un univers musical et sonore supplémentaire, un panel de sons quelque peu inhabituels, originaux et insolites. Il me confie également que le mariage entre ces deux univers crée quelque chose de vraiment unique en termes de genres. « Il existe plein de styles de folk différents et plein de style de metal différents et du coup l'hybridation des deux peut créer des ''sous-genres'' presque à l'infini », dit-il.

Simon Blum, leader d’Acus Vacuum
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, est également fabriquant de cornemuses médiévales. Il en a d’ailleurs fabriqué une pour Ardwynn.
« Personnellement, je trouve que les instruments traditionnels apportent un ciment dans la musique metal. Ils permettent de lier tous les instruments dans un son mélodieux, avec des sonorités qui accrochent et qui titillent l'oreille du public. Du coup, le mélange entre les instruments traditionnels et les contemporains, ça apporte une vision complètement roots de la musique. C'est revenir à des sonorités parfois peu connues ou carrément oubliées. »



Pour Sabrina Gelin d’Ithilien
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, le son d’un instrument comme la vielle à roue est très particulier. Ces instruments traditionnels apportent une grande touche d’originalité et d’authenticité à la musique metal à condition qu’ils puissent trouver leur place dans l’ensemble, ce qui n’est pas évident, confie-t-elle.

Un casse-tête pour les ingé son !

Effectivement, sur scène, c’est toujours un peu plus compliqué au niveau de la technique et de la sonorisation.
Sabrina Gelin poursuit en m’expliquant que ce n’est pas compliqué d’amplifier sur scène des instruments traditionnels entre eux. « Cela devient plus compliqué lorsqu’il y a une batterie à côté, dit-elle. Les micros intégrés ne sont pas prévus pour, et un instrument comme la vielle à roue est conçu pour avoir un maximum de résonance. Les guitares électriques c’est tout le contraire. La vielle a un son continu, ce qui fait que, dans un groupe de metal, le son va tout de suite moins ressortir qu’une guitare. C’est pour ça qu’on commence à concevoir des vielles « solid body » entièrement électrique et sans caisse de résonance. »



Oui, parce que les instruments traditionnels sont des instruments en matières naturelles, donc, ça bouge toujours un peu. L'instrument doit s'adapter aux conditions de la salle où scène (chaleur, soleil, humidité, etc.). Il est parfois nécessaire de réaccorder plusieurs fois avant le début du concert. « Bien entendu, le musicien doit toujours savoir s'adapter à son instrument, ajoute Simon Blum. Il faut en prendre grand soin si on ne veut pas avoir de mauvaises surprises, c'est clair ! Mais, ça n'arrive quasiment jamais d'avoir un souci grave avec ce genre d'instruments. »

Frank d’Ardwynn parle même de casse-tête pour les ingé sons. « Ce n’est pas simple dans le sens où il faut sonoriser tout ça et c'est souvent un vrai casse-tête pour les ingé son. Il y a pas mal d'instruments et l'instrument folk est souvent plus complexe à sonoriser. En général, on doit utiliser des micros et idéalement, il nous faudrait vraiment des micros ou des systèmes ultra-spécifiques mais ça coûte cher. Par exemple, l'idéal serait qu'on ait une vielle à roue électro-accoustique mais ici, elle est simplement acoustique et on doit du coup gérer avec des micros (ce qui rajoute une difficulté) mais un de ces quatre, notre vielliste ira chez son luthier en France pour rajouter des micros dans la vielle. »

Do it yourself

Matteo Sisti joue de la flûte, cornemuse et mandola dans Eluveitie
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. Il trouve que la musique traditionnelle va parfaitement avec le metal moderne. « Je joue des instruments traditionnels parce qu’ils ont un son que les instruments modernes n’ont pas. J’ai appris à jouer par moi-même, simplement en essayant différentes choses et en pratiquant. Les instruments traditionnels étant faits à la main, en cas de panne, tu dois les apporter à la bonne personne. Ou alors, et c’est mon cas, tu les répares toi-même. »



« Quand j’ai rejoint Korpiklaani
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, je jouais de l'accordéon depuis 20 ans,
explique Sami Perttula, donc il n'était pas techniquement difficile d'apprendre les chansons. Au début, la chose la plus compliquée pour moi a été d’être détendu sur scène parce que quand on joue d’un instrument traditionnel on a peu de référence dans le metal. Il était difficile aussi d'apprendre à écouter le son sur scène, au début. Les oreillettes m'ont beaucoup aidé. »
Sami explique qu’il doit jouer d’une façon plus simple et fonctionnelle quand il joue avec Korpiklaani
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, sinon son accordéon peut sembler désaccordé. Il me raconte aussi que son instrument acoustique ne tenait pas la route en tournée. Il devait sans cesse le réparer et l’accorder. Il a donc décidé d’utiliser un accordéon numérique et il pense que c'est le bon choix pour la musique metal. Quelques petites choses sont à faire quotidiennement : nettoyer et recharger l’accordéon.

Sabrina Gelin a elle appris les bases de la vielle à roue avec un prof. Elle avait déjà une formation en musique classique avec le violon. Ensuite c’est surtout en jouant le plus souvent possible, et en groupe, qu’elle a continué son apprentissage de l’instrument. « Je chouchoute mes instruments et j’en joue tous les jours, dit-elle. Je n’estime pas être arrivée au bout de mon instrument. Il y a toujours moyen d’aller plus loin. »


On ferait bien un petit concert folk metal chez Bilbo ? Juste pour voir ce qu’il en pense ?
J’ai été impressionnée par les musiciens avec qui j’ai échangé pour construire cet article. De vrais passionnés de leur(s) instrument(s), autodidactes, curieux et débrouillards.
Des musiciens qui font un lien tout naturel entre tradition et modernité, entre les sonorités actuelles et celles venues d’ailleurs. Un mariage somme toute réussi.
Et sur scène, ça le fait plutôt pas mal ! Ca pête bien, et bien, même !
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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évèn...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrièr...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe e...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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