Massacrés Belges Vol 3 - La compilation et les dessous de l'affaire
On va vous en dire encore un peu plus sur le contenu de ce double volume et l’histoire des Massacrés Belges dans cette deuxième partie.
La fournée 2026 compte 22 groupes repartis sur 2 disques. Il y avait sûrement matière à en mettre encore au moins autant tant notre scène alternative est bouillonnante. Il a fallu faire des choix bien évidemment. De même, tous les groupes présents sur la compilation ne pouvaient pas participer à une des 6 release-parties.
MMUURRM M U U R R3 galeries, RADIATOR PIRELMANSRadiator Pirelmans2 galeries, SPOUT BIG SPACESpout Big Space5 galeries, BIG FAT LUKUMBig Fat Lukum2 chroniques · 17 galeries, JOSY & THE PONYJosy & The Pony6 galeries, SECTESecte1 chronique · 2 galeries, 6EXHANCE6exhanceVoir la fiche, APEX TENApex Ten3 galeries, DES YEUXDes Yeux4 galeries, DER MORD, WARM EXITWarm Exit4 galeries, LOU KLou K4 galeries, GHOST:WHALEGhost:WhaleVoir la fiche et GIAC TAYLORGiac Taylor1 chronique · 6 galeries sont de celles et ceux que vous pourrez découvrir sur scène jusqu’en septembre.
On vous rappelle par la même occasion que ces évènements seront l’occasion de vous procurer gratuitement la compilation Massacrés Belges.
A cette liste de noms s’ajoutent aussi quelques anciens de la scène. De ceux qui ont participé et gravité au premier volume ou au deuxième volume ou encore qui sont apparus un peu après ces moments. Ces artistes déjà présent.e.s il y a 20 ans, ont parfois changer de formation ou de nom. Mais elles.ils ont connu l’effervescence du moment. Comme par exemples, THE K.The K.3 chroniques · 16 galeries, BABY FIREBaby Fire5 chroniques · 4 galeries, VAAGVaag2 chroniques · 6 galeries, DISCO CHIESADisco ChiesaVoir la fiche, LA JUNGLELa Jungle3 chroniques · 9 galeries, ou ZAÄARZaäar1 galerie.
D’ailleurs, se rappelle-t-on comment et à quel moment l’idée de prendre à contre-pieds la vague Sacrés Belges est-elle apparue ? Pour Ben Zoulk, un des principaux protagonistes, la mémoire lui fait défaut. La faute à l’âge :
« Je n'en ai aucun souvenir. je deviens trop vieux. On trainait pas mal dans les concerts à l'époque et j'ai toujours fait de la radio et de l'orga de concert. ça a du probablement partir d'une blague potache en soirée et puis on a mis ça en marche avec le gros réseau de groupes qu'on avait à l’époque ».
Certain.e.s parlent d’une genèse autour du bar du Magasin 4. Mais Gourou, la tête bruyante du projet, dément et corrige avec sa force sonore légendaire :
« Je me rappelle très bien, même si c'était il y a 20 ans. Tout s'est passé sur le forum du festival de Dour. On était une bande de potes, tous plus ou moins actifs dans les concerts et ''consultants'' du festival pour les affiches indés. On se disait que les choses étaient bien mornes au niveau underground en Belgique francophone. Enfin, morne, pas tant que ça, le vivier de groupes était là, mais il n'y avait ni soutien, ni passage radio, et donc un max de groupes avaient bien des soucis à trouver un concert encore plus un label....Et donc l'idée d'une compilation regroupant des groupes indés est née de ce constat: promotionner les groupes de notre terroir afin de leur donner de la visibilité. Pompon, par hasard a trouvé l'appellation : ''Massacrés Belges'' en présentant MUD FLOW ou LES ANGESLes Anges5 galeries (là je ne me souviens plus très bien) au festival disant : il y a les Sacrés Belges et à coté il y a d'autres groupes plus ''massacrés''.... et on a gardé le terme car c'était irrévérencieux et rigolard vis à vis des ''Sacrés Belges'' qui monopolisaient les ondes et les médias. »
A côté de la génération contemporaine de la première vague, il y a une nouvelle génération, tout aussi turbulente qui entend bien chatouiller nos oreilles. On doit encore citer extraits de cette compilation : CERECere5 galeries et RADIO 911Radio 9111 galerie.
Malheureusement, la situation n’a pas tellement évoluée. Certes, comme le souligne Ben Zoulk, la société change mais ce n’est pas pour autant plus facile pour les groupes underground :
« Au niveau sociétal, il y a quand même eu beaucoup de changements mais le plus gros reste l'arrivée d'internet, des réseaux sociaux et la dématérialisation de la musique. J'ai l'impression qu'on ne consomme plus du tout la musique de la même façon, c'est beaucoup plus vite écouté et jeté. J'ai aussi l'impression de beaucoup de conformisme mais je l'avais aussi il y a 20 ans. »
Gourou, de son côté, ne peut que tirer le même constat qu’il y a 20 ans :
« Rien n'a vraiment changé, les groupes indés sont toujours sous-médiatisés, ils ont besoin de visibilité, de promotion. Tu sais il y a 20 ans c'était la grande époque Myspace tous les groupes étaient sur Myspace et pour en sortir ou percer c'était vraiment la galère sans soutien, actuellement il y a Youtube, même mélasse dont on ne sort que par l'argent. Et Bandcamp, ''le plus grand magasin de disques au monde'' hahaha c'est toujours le même problème. Donc on revient avec nos petits moyens pour faire en sorte que certains groupes soient promotionnés. »
La démarche, spontanée, qui relève quasiment du mécénat, est ardue - vous connaissez la Sabam ? - mais surtout bien joyeuse. On peut tirer un constat noir avec le manque de visibilité pour une scène débordant d’initiatives - et c’est mal parti pour changer quand on voit les idées de notre gouvernement actuel - et malgré tout en extraire des moments positivement fous !
Alors qu’aucune structure officielle ne chapeaute la démarche, il se dégage des Massacrés Belges, de la première heure à maintenant, un aspect participatif et collaboratif salvateur. Les groupes, les salles, les acteurs du milieu se serrent les coudes et se réjouissent de l’initiative. Certes, la Belgique est un petit pays et dans la scène underground tout le monde se connait ou presque, mais personne ne joue le jeu d’une concurrence ou de la compétitivité dans ce cas et c’est tant mieux. L’initiative Massacrés Belges fédère et rassemble.
« On sort une compile, on organise des concerts et on verra ce qu'il en sortira, c'est très excitant ». C’est la seule stratégie que défend Gourou.
« Quand je dis ''on'', c'est essentiellement Ben et moi plus des collaborations très importantes avec Mat de LA JUNGLELa Jungle3 chroniques · 9 galeries qui a réalisé tout notre artwork, Phil du Fond Musical International pour le Mastering et la prose de Fred (SPORT DOENSport Doen4 chroniques · 17 galeries) » poursuit-il.
Ni Ben Zoulk, ni Gourou souhaitent tirer la couverture à eux. Systématiquement dans leurs interventions, ils souhaitent que ce soit les groupes qui soient mis en valeur. Mais si on souhaite mieux appréhender le délire qui se cache derrière, il est inévitable de se frotter aux deux personnages et de sonder leurs souvenirs. Car autour des Massacrés Belges, les anecdotes pleuvent. Certain.e.s en ont gardé des séquelles, comme quand Gourou fait entrer avec la complicité des jeunes de la FGTB quelques 10.000 flyers pour inonder le festival de Dour.
Cet esprit de communauté et de communion, on le retrouve à tout moment comme lors de « La dernière, c'était les santacon Massacrés Belges au Magasin 4 (encore rue du Magasin !). des concerts au deux étages, des gens déguisés en père noël et une ambiance de feu (meilleures fêtes de fin d'année ever) » se rappelle Ben Zoulk.
Voilà pourquoi, il ne faut pas louper les release-parties. Les concerts des Massacrés Belges regorgent toujours de bons souvenirs comme ceux de 2006 qu’évoque Gourou :
« On a organisé une mini tournée avec 3 groupes du collectif. Bruxelles, Liège, Charleroi et Gand. Ca a plutôt très bien marché à Liège (mème si on a volé dans la camionette), au recyclart c'était terrible, à Charleroi il y avait plein de monde et nous voilà parti pour Gand.... sans annonce, sans promo (pas simple en 2006 de faire de la promo pour un concert à Gand). On a eu exactement 1 spectateur payant. Donc les groupes se sont marrés à faire un set genre répète avec un spectateur .Le type m'a remercié dix mille fois pour la belle soirée qu'il avait passée à voir tout seul 3 groupes qui en voulaient. On a vidé les futs et on est ensuite partis comme des voleurs....belle soirée de répète et un fan gagné. »
Rendez-vous à la 1ère étape : Samedi 28 février 2026 au Labo à Namur avec MMUURRM M U U R R3 galeries.
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