La musique de DANISHMENDT reste toujours ce bon mélange de metal, de hardcore, de noise et de paysages obscures. Versant dans les tonalités noires, DANISHMENDT construit sa musique sur des trames sonores lourdes et poisseuses, tirant ainsi son univers sonore vers les bas fond de l'introspection humaine. Une musique construite sur des rythmiques envoûtantes, entêtantes, hypnotisantes, créant un état d'esprit adéquat pour sombrer dans la vague noire de leur univers, tout en espérant pouvoir en émerger le disque une fois terminé. De ce magma en mouvement, musique abyssale metal, ressortent des notes dissonantes noise offrant un paysage sombre en dégradé de noir, des notes et des atmosphères qui se taillent une place ici et là tel l'écume sur une vague, créant des remous superficiels sur la lame de fond. Le chant est lourd, puissant mais jamais omniprésent, sachant se faire oublié lorsque la masse sonore se suffit à elle-même. Souvent mixé à la même hauteur qu'un instrument il est là pour renforcé un ensemble, s'y inclure, se fondre et participer à l'oeuvre plutôt qu'en prendre toute la place. Et si celui-ci se fait en française cela ne gène en rien, car il ne tombe pas dans les travers que cela peut impliquer. Inévitablement il fait penser à OVERMARS, référence facile pour le genre.
On n'est plus vraiment dans le post-hardcore avec ce que fait DANISHMENDT, la démarche jusqu'au boutiste nous donne des airs de blocs de granit. Taillé avec savoir-faire, l'objet n'en reste pas moins d'une matière dure et efficace. Certes on a pu et l'on pourra encore comparer DANISHMENDT à NEUROSIS et OVERMARS, mais il y'a quelque chose de plus abouti, de travaillé maintenant. Par certains coté, avec ses notes plus sombres, il se rapproche d'un BLUT AUS NORD comme diraient certains, voir d'un WOLVES IN THE THRONE ROOM .
L'artwork du digipack est très bien : sombre et minimaliste il colle bien à la musique de DANISHMENDT. Les textes, d'un prose noire, sont à mon goût pour ce genre de musique. Rehaussé par des photos de friches industrielles réalisées par Yves Marocchi l'ensemble n'en prend qu'un meilleur ton, renforçant ainsi le coté industriel et la claustrophobie urbaine que dégage la musique lourde et asphyxiante de DANISHMENDT.
Ecouter « Un Passé Aride » tiens plus du plaisir sadomasochiste que du bonheur extatique. On ne surfe pas sur des belles mélodies, on ne se complet pas dans un univers connu et facile d'accès. Néanmoins DANISHMENDT offre un album où l'on sent les heures de travail et la passion de la musique. Objet de transmission ainsi que musique expiatoire, « Un Passé Aride » est un album abouti qui vaut le coup d'être découvert!

Danishmendt

Neurosis