Un projet qui porte bien son nom tellement le trio en Live est efficace pour bien récurer les oreilles. Avec un son plus punk que metal, volontairement sale et noise qui donne à l'ensemble une petite touche expérimentale.
Aperçu au départ de leur tournée européenne, dans la salle du Garcia Lorca à Bruxelles, le jeu de batterie hyper speed de Hoak prête à sourire. L’homme est comme une sorte d’automate dont la tête est prête à exploser sous une pluie de blast beat.
De plus, impossible de ne pas se tordre de rire à la vue de leur set-list qui dépasse aisément les trois mètres de long. Il est vrai que si l’on tient compte des vingt-sept morceaux de leur nouvel album Hater, leur répertoire doit être vertigineux.
Hater, paru en Europe chez les très actifs français de Bones Brigade Records est un album à écouter avec le livret en main, histoire de ne pas se perdre dans ce dédale de titres très courts (le morceau If 9 become 6 fait quatre secondes seulement) qui s’enchaînent à une vitesse endiablée.
C’est de cette façon qu’on peut mieux apprécier les valeurs du grind prônées par Richard Hoak : « grind not porn, grind no gore, loud punk noise at the speed of war ». Hater est un scud de coups de gueule asséné à l’auditeur où le bruit devient une arme face au silence que dictent le pouvoir et les religions.
Ainsi, malgré un son qui n’est pas toujours de meilleure qualité, cet album fait du bien sur une scène qui a parfois un peu tendance à se répéter. Clairement, Total Fucking Destruction n’est pas un groupe comme les autres. Il fait partie de ces groupes de grind au message engagé mais avec une petite touche d’humour en plus qui ne laisse personne indifférent.
Alors, même si cette galette est réservée à un public d'avertis, je vous conseille vivement d'assister à l'un de leur show, la performance en vaut clairement la chandelle. Avec eux, le grind est fun et c'est tant mieux.
