Le groupe originaire des bas-fonds de l’underground gantois, sort avec Harmbringer son premier album. Confié aux mains de Alan Douches, devenu un incontournable dans une scène qui fait beaucoup de bruit (dans tous les sens du terme) et aux mains de Hein Devos, qui s’impose lui aussi comme un incontournable de la scène belge underground, Harmbringer affiche de par son nom, une résonnance épique.
Derrière ces bonnes nouvelles, Harmbringer laissera malgré tout une sensation mitigée. Difficile de définir avec exactitude ce qui provoque le malaise à l’écoute du premier album des gantois, mais Harmbringer semble passer à côté d’une réaction viscérale adéquate.
Qu’on adhère ou non, le son de cet album place clairement sa référence auprès de groupes comme INTEGRITY ou TRAGEDY. Comparable au premier sur le résultat, face à TRAGEDY, BLACK HAVEN manque de puissance. Trop en retrait.
Côté chant, Bram Cluyse cherche également à dépasser les stéréotypes. Là aussi, on peut souligner cette volonté de sortir des carcans, mais le résultat encore une fois, perturbe. Le chant clair prend plus de place délaissant donc le côté crié. Ce qui permet bien évidemment à BLACK HAVEN de se démarquer quelque peu de RISE AND FALL, considéré (peut-être) trop souvent comme son maître à penser.
Face à tant de puissance attendue, BLACK HAVEN est sans doute victime du formatage ambiant et de sa volonté à prendre quelques distances. Encore une fois, ce désir manifeste est louable et appréciable. Peut-être même que le groupe est quelque peu en avance sur ce que nous sommes prêts à entendre. Toujours est-il que derrière une musique pourtant lourde, puissante, sombre et métallique, BLACK HAVEN manque de répondant. Des dissonances (mélodies et brutalité, puissance et son écrasé, chant clair et crié, …) qui n’aident pas à positionner le groupe, favorisant ainsi le doute quant à l’identité recherchée et contribuant au malaise d’appréciation du disque.





