- CHRONIQUE - MUSIQUE -
PHIL MAGGI
Ghost Love
Label :
Idiosyncratics Records
http://idiosyncratics.bandcamp.com/album/ghost-love
A côté de ses occupations de chanteur du groupe Ultraphallus, Phil Maggi s’adonne en solo, depuis déjà huit ans, à la création d’une musique expérimentale, envoûtante, volontairement plus intimiste et spirituelle.
Depuis « The Initials of Jesus Christ » (2007) jusqu'à « Blue Fields in Paramount » (2009) on retrouve chez Maggi cette même hardiesse à mêler (eth)noise et musique drone sans pour autant délaisser d’autres territoires sonores créés à l’aide de samples et de nappes synthétiques.
Il n’est donc pas question de rite initiatique mais plutôt d’accès à la maturité quand on évoque Ghost Love, son nouvel album sorti début septembre chez Idiosyncratics Records.
Clairement, à la différence de son album précédant dédié à la ville de Zagreb et à l’écrivain Jan Zabrana, ce nouvel opus est une incitation au voyage et à la rêverie dans un espace-temps indéterminé où la musique tribale africaine et les sonorités indiennes et orientales se cotoient.
Ces onze titres tantôt rassurants, tantôt inquiétants, semblent tous imprégnés d’atmosphères sacrées et mystiques entraînant l’auditeur dans un état de méditation ou de transe quasi irrémédiable. Comme le magnifique Slavery, à la percussion tribale obsédante enrobée de chants magnétiques et apaisants.
Le (sorcier) liégeois, Phil Maggi, a le mérite également de doter les bruits les plus anodins de notre quotidien d’une dimension nouvelle. Ses samples nous transportant parfois auprès d’un feu qui crépite, comme sur le titre Witches, ou au milieu d’un chemin boiseux où nous suivons les pas d’un autre marcheur, comme sur Antecedents.
Ainsi, ces bruits familiers mais discrets participent à la musicalité et donnent au morceau une dimension quasi cinématographique.
Ajoutez à cela la contribution de Andrew Liles (Current 93, Nurse With Wound) pour le mastering, et vous comprendrez que Ghost Love a le goût d’une hostie aux effets hallucinogènes.
Une fois absorbée, elle vous fera bondir d’effroi, médusé à la vue de cette jeune femme (le artwork réalisé par Laurent Nyssen) dont le regard hypnotique s’est figé pour l’éternité.
05-09-2011
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