L'album composé de 6 titres débute par Atomic View Motel, un titre hargneux avant de surprendre déjà avec Behind The Skyline, une plage où la tension sous-jacente s'oppose à l'ouverture par une délicatesse et un registre plus progressif. Un premier écart qui ne sera pas le dernier.
Oscillant la tendance entre Screamo, Post-Hard-Core et Rockin'Hard-Core, INERTIA PILLS se démène pour que les 6 titres décoiffent autant qu'une tornade. Et c'est clair qu'avec ce groupe, ce n'est pas une brise qui souffle, même si on n'a pas droit non plus à la tempête de l'année.
Les compositions ne manquent pas de poigne. Elles nous tiennent en haleine, mais certains moments restent parfois délicats. Je ne parle pas du style mais bien de l'enchaînement ou du passage à une transition. Si on devine grosso-modo où le groupe tente de nous emmener, on peut éprouver en quelques temps une certaine hésitation à s'engager avec lui.
Un peu trop éparse sur plusieurs points, INERTIA PILLS gagnerait très certainement en cohérence et donc en impact en limitant ses intentions. Sans sombrer dans l'attendu, les Parisiens pourraient d'abord décliner l'idée avant de les multiplier. Les extrêmes ne sont jamais faciles à marier, et plus le groupe s'écarte d'une ligne de conduite, plus il s'expose à la disgrâce. Sans en être à ce point là, INERTIA PILLS tombe dans les pièges de la jeunesse et manque sans doute un peu de profondeur à trop soigner la forme.