- CHRONIQUE - MUSIQUE -
ANTON CHIGURH
S/T
Autoproduit
Date de sortie : 21-06-2012
Psychopathe et tueur dans No Country For Old Men, l'ANTON CHIGURH qui nous concerne ici, avec le même manque de compassion et de remord, va utiliser ses instruments pour torturer nos oreilles. A grands renforts de riffs cinglantes, de distorsions dans le rouge, de cris arrachés et de rythmes bagarreurs, il sème le chaos durant une bonne vingtaine de minutes.
C'est sans sous-titre, puisque en français dans le texte que ANTON CHIGURH s'exprime sur notre monde radieux. L'uniforme des Mourants ; Hurlons leurs noms ; Danse, Baise, Juste une dernière fois ; Cette rage explose ton crâne... des titres évocateurs qui parlent aux amateurs de Screamo-core ou d'Emo-violence francophone (GAMENESS, GANTZ, AUSSITOT MORT, ISAÏAH...).
Musicalement, ANTON CHIGURH aime aussi la scène américaine puisqu’il cite des noms évocateurs de chaos tels que CONVERGE et BOTCH. Personnellement, je dirai plutôt BOTCH que CONVERGE pour ses rondeurs Rock'n'Roll et moins Metal.
Même si ANTON CHIGURH tente plus de relancer une vague déjà brisée que d'innover, l'opiniâtreté et la rage contenues dans ces 9 titres sont les bienvenues. La déstructuration et l'urgence des compositions font de celles-ci 9 bons moments percutants sur lesquels on prend un plaisir certain à s'attarder ou à revenir. On arrive aisément par ailleurs à dépasser les défauts de jeunesse (le manque de justesse sur Mille Nuits Blanches, le vide de Entrez Dans... ou les quelques plans parfois un peu simples) tant l'enthousiasme d'en mettre plein les oreilles compense.
ANTON CHIGURH voulait quitter son Cherbourg natal et ennuyeux. ANTON CHIGURH s'est offert une carte de visite qui devrait lui permettre d'aller au moins vers l'horizon apprécier si l'herbe est plus verte. Qu'il n'oublie toutefois pas son engouement et sa fougue en chemin, c'est sa meilleure monnaie d'échange pour avancer.
29-10-2012