Après un changement de line-up (Stijn faisant place à Benjamin à la guitare) la bande à Tim De Meyer (vocal) s'était quelque peu fait attendre. Un délai surement nécessaire et prémédité quand on sait combien il est parfois délicat de passer le cap du deuxième album.
Clairement Musth n'est pas du genre à foncer la tête baissée, privilégiant au contraire un processus de création calme et serein qui reflète bien l'ambiance de ce 7 titres.
D'emblée nous retrouvons cette atmosphère sur le titre d'ouverture. "Tides" est une sorte de titre transitoire rappelant le côté glacieuse de Padjelanta avec ses mélodies lentes et ses vagues de riffs qui s'intensifient.
"Ebb & Flow" nous réserve également son lot de surprises avec deux invités provenant de deux groupes "frères", tellement leurs musiques se ressemblent. Car il y a un peu de Grown Below et de Steak Number Eight dans cet album via "In Tranquil Waters" où l'on reconnait les envolées lyriques de Matthijs Vanstaen et via "The Flood" avec Brent Vanneste et son chant à la Layne Staley. Ce dernier morceau étant d'ailleurs l'une des perles de cet opus, surtout lorsque les hurlements de Tim viennent embraser le fil laconique d'un morceau tissé surement en hommage à Alice In Chains.
Cependant, le quintet semble moins aventureux que sur son premier LP, comme si cette atmosphère calme et sereine avait empêché toute prise de risque. Pas de clavier ni d'harmonica pour cette fois. Serait-ce le signe d'une approche plus mature ou d'une prudence liée à certains choix stylistiques?
En tout cas, cette retenue équivoque qui caractérise "Ebb & Flow" n'empêchera pas Musth de passer le cap du second album en toute sérénité via un post-hardcore minimaliste et lancinant, fluctuant et mélancolique, à la force tranquille.

Musth
Alice in Chains