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Chronique 10-10-2014 par Fred 3 min de lecture

Georgio The Dove Valentino — 1000 Plateaux

Lorsque l'on s'appelle GEORGIO THE DOVE VALENTINO, on a naturellement la classe. Et lorsque l'on cultive la classe, on n'hésite pas à sortir un album ambitieux. 1000 Plateaux est un double LP, à la fois pour faire joli en choisissant le format vinyle et pour que de suite l'amateur de musique se dise que ce disque vaut la peine de s'y intéresser.

GEORGIO THE DOVE VALENTINO était déjà l'auteur d'un 10'' extravaguant où le romantisme à l'italienne répondait aux aspects théâtraux de la narration.

Une fois encore, cet Américain expatrié à Bruxelles nous plonge dans un monde aux intonations romanesques, baroques et mais aussi rococo.

1000 Plateaux autant que GEORGIO THE DOVE VALENTINO renverront à des références toutes aussi ambitieuses que DAVID BOWIE, NICK CAVE ou LOU REED ont tentées.

1000 Plateaux, enregistré dans divers endroits en Belgique, France mais aussi aux Pays-Bas, en Ecosses et sur sa terre natale, les Etats-Unis se découpe en autant de faces qu'il y a sur un double LP : 4.

Accompagné de son orchestre, La Société des Mélancoliques, dont le nom en dit déjà long sur l'orientation émotionnelle de la musique, GEORGIO THE DOVE VALENTINO profite à bon escient des membres qui la composent dont ceux issus de TUXEDOMOON.

L'auteur reconnait lui-même que le disque est quelque peu schizoïde. Dès lors 1000 Plateaux est un album qu'il faut savoir porter mais aussi encaisser. Si les cinq premiers titres qui constituent le premier volet s'emmagasinent aisément grâce à une fluidité musicale qui se réfèrent au 10'', la deuxième face est une longue plage de dix-sept minutes.

Bien que longue, cette plage intitulée I Won't Betray You évite les pièges rébarbatifs. La troisième face se complique toutefois. Plus philosophique (Nietzschean love Them) cette partie n'est pourtant pas dénuée de charme. On y décèle d'ailleurs au-delà du romantisme des prémisses à l'exagération du mouvement italien avant de pousser à l'exubérance (dans le chant) du quatrième volet.

Le disque est également et subtilement fourre-tout. GEORGIO THE DOVE VALENTINO n'hésite pas à explorer le paysage de la musique contemporaine. On lui connaissait des emprunts à l'imaginaires, on lui découvre également un goût prononcé pour éviter les barrières. Ainsi quelques anachronismes stylistiques côtoient autant d'audaces musicales comme cette influence surf et reverb ou la trompette de Luc Van Lieshout particulièrement cinématographique.

Se lancer dans une telle oeuvre, aussi longue (presque quatre-vingts minutes) n'était pas sans risque. Si GEORGIO THE DOVE VALENTINO peut d'ailleurs perdre l'auditeur dans certaines longueurs, il en ravira d'autres pour cette audace qui interroge à sa manière, voire à celle de SWANS, la musique. 1000 Plateaux est un labyrinthe duquel il n'est point nécessaire de chercher la sortie pour s'en échapper. Que du contraire, s'y perdre c'est s'échapper. L'ambition était risqué, mais 100 Plateaux tient toutes ses promesses.

Encore Georgio The Dove Valentino

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