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Chronique 05-04-2019 par Renaud 2 min de lecture

Conjurer (USA) — Sigils

A toi qui lis ces lignes, es-tu près à participer au second long rituel de Conjurer dénommé Sigils (2019) ? Celui-ci fait suite à l’EP éponyme (2013) et au premier rituel Old World Ritual (2015). Ne te méprends pas, la cérémonie n’est pas organisée par les prometteurs anglais qui se sont fait connaître avec Mire (2018) mais par les cinq comparses d’Indianapolis. Après avoir pris le soin de ne pas confondre Conjurer (USA) et Conjurer (UK), tu es à présent en mesure de débuter le rituel de doom et sludge metal venant d’outre-Atlantique.

Bien que l’approche adoptée avec Sigils soit moins directe que celle suivie par Old World Ritual, elle gagne en consistance. La messe noire à laquelle on assiste vous emmène flotter dans un univers atmosphérique. Les rythmes lents et lourds servent toujours de fil conducteur ; ceux-ci sont entrecoupés d’interludes apportant dans la variation venant casser la monotonie qui s’installe du fait de l’omniprésence de tempos lents.

Ces interludes qui sortent l’auditeur de sa zone de confort prennent d’autres formes que la simple accélération de tempo. Vous pourriez tomber plus bas que terre, envoûtés par le bourdonnement des guitares qui se mettent à vibrer sans crier gare en offrant une transition surprenante entre deux titres. Le jeu de distorsion, qui souffle comme un vent de fraîcheur, amène par moment des sons saturés qui survolent l’ambiance pensante instaurée par la lourdeur du doom et sludge metal déployé.

L’aspect ritualiste mis en avant sur le visuel de l’album est transposé en musique. L’ambiance atmosphérique qui imprègne l’album vous transporte dans le fin fond d’une grange perdue en territoire agricole peu fréquenté, lieu où se déroule ces étranges rites réservés à certains initiés. Les apparats surfaits sont laissés à l’abandon, tout est épuré et procure une sensation de réalisme qui ne manque pas d’intérêt.

Dustin Mendel se charge de mener la cérémonie du haut de sa voix âpre. L’intonation de sa voix participe à vous immerger totalement dans cet univers cérémoniel qui s’en retrouve renforcé. La partition vocale souffre pourtant d’une forme de rigidité quelque peu regrettable : davantage de variation au chant aurait pu encore mieux densifier le tout. L’absence de murmures, par exemple, nous laisse dubitatif.

Avec Sigils, Conjurer (USA) a trouvé le moyen de traiter un thème largement écumé –celui des rituels occultes- de manière originale, qui se démarque à tout le moins de ce qu’il nous est souvent donné d’entendre. Sans réinventer le doom et sludge metal, le concept ritualiste encré dans un univers crasseux est assez captivant pour ne pas passer inaperçu.

Tags Conjurer - Sigils - doom metal - sludge metal

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