Tel Zarathoustra en train de gravir la montagne, nous pourrions songer aux nombreuses formations auxquelles prend part Philip H. Anselmo. Scour se démarque par le black metal comme centre névralgique, ce qui pourrait de prime abord paraître surprenant pour l’enfant terrible de la Nouvelle-Orléans. Outre l'ami Anselmo, le supergroupe affiche au compteur la présence de John Jarvis (notamment ancien membre de Pig Destroyer), Derek Engemann (Philip H. Anselmo & The Illegals et ancien membre de Cattle Decapitation), Adam Jarvis (Pig Destroyer et ancien membre live de Hate Eternal) ainsi que Mark Kloeppel (Misery Index). De l’oxygène, vite !
La carte de visite n’en finit pas avec la présence sur Black des invités de marque que sont Erik Rutan (Hate Eternal), Pat O'Brien (Cannibal Corpse) sur Flames ou encore l'acteur Jason Momoa qui donne de la voix, euh du cri, lors de l’ouverture Doom. Nous ne sommes pas certains que l’attirail de guerre soit vraiment nécessaire pour que les projecteurs mettent en lumière Scour, mais il a le mérite de ne pas porter atteinte à la cohérence de l’ensemble.
Sans être intrinsèquement mauvais, les deux premiers EP que sont Grey et Red n’avaient pas particulièrement retenu mon attention, peut-être noyés dans le raz-de-marée musical qui déferle de manière permanente sur nous. La donne change avec cet EP qui dépasse la simple exécution de qualité pour venir titiller nos entrailles.
Il aura suffi de l’intense Doom, qui commence judicieusement par un avertissement prenant la forme d’une sirène prédicatrice d’un raid aérien, pour comprendre que l’obus Black allait cette fois attendre sa cible. Les trois titres qui le suivent proposent un équilibre intéressant entre black metal et grindcore ; après la bombe Endarkenment (2020) lâchée il y a quelques mois par Anaal Nathrakh, on ne peut que constater que le mélange des deux genres vaut le détour. Animé d’une envie constante de brouiller les pistes, Scour enveloppe l’auditeur d’un son écrasant en osant des incursions de thrash et punk. Autre signe de cette variété qui les caractérise, la piste instrumentale Microbes apporte une touche gothique avec son enchevêtrement de violon et de cuivres.
Le supergroupe souffre parfois des défauts de ses qualités. On regrette, en particulier étant donné sa courte durée de 15 minutes, ses changements constants d’atmosphères qui auraient justifié de s’inscrire dans la longueur pour en profiter pleinement. Peut-être sommes-nous trop exigeants…
Bien que projet parallèle pour ses membres, Scour réussit à proposer –enfin- un contenu suffisamment probant avec Black pour nous donner l’envie d’être développé davantage à l’avenir ; variété, intensité et concision sont les maîtres-mots qui gouvernent ce troisième EP qui mérite, au minimum, une ou deux écoutes attentives de vos tendres oreilles.
Scour - Black - Chronique - Black metal - Philip Anselmo




