La trilogie De Doden Hebben Het Goed est mue par un noyau central qui découle de la perte de leur ami proche Florent Pevée. Comme on pouvait le pressentir avec le troisième opus de la trilogie, les blessures liées à cette perte sont cicatrisées et le temps est venu d’entamer un nouveau processus créatif avec There's Always Blood at the End of the Road (2022) ; les paroles ne sont d’ailleurs plus centrées sur le deuil mais, sans être limitées à un sujet déterminé, empruntent une orientation cathartique. Le sentiment prédominant de tristesse cède sa place à une rage nihiliste, mais à quel prix et pour quel résultat ?
Ce quatrième jalon noir est le plus bestial de leur discographie. Le titre d’ouverture FN SCAR 16 est d’une beauté et d’une simplicité hypnotique qui posent les bases des 44 minutes qui s’offrent à nous, celles d’assauts brutaux dénués de valeurs –au sens philosophique du terme. La brièveté a pris le pas sur la longueur des précédentes compositions, loin du classique mi-tempo à l’ambiance froide, exception faite du titre intermédiaire Now Will Always be.
La mélancolie glaciale que l’on connaissait fait place à une œuvre nihiliste. De l’aveux de Levy Seynaeve, la formation a évolué en évitant de s’apitoyer sur son sort, en décidant de se relever plutôt que croupir au sol. Au lieu de laisser la douleur les définir, ils l’apprivoisent ; ils passent d’un statut de victime consentante à celui maître de leur vie. L’évolution s’en ressent notamment au niveau des paroles qui, comme évoqué auparavant, sont diversifiées plutôt que de se contenter d’être une représentation lyrique du mal-être qui les habite.
Wiegedood ne laisse que peu de place à la mélancolie, un sentiment constant de dureté se dégage de l’album. Le mur de tremolos et de blast beats ne laisse pas pénétrer le moindre rayon de mélodique mélancolique, comme s’il n’était pas question de laisser la porte entrouverte à l’espoir. La formation exprime son dégoût pour l’humanité qui l’entour dans une tourmente qui provoque de l’inconfort.
Des sonorités intrigantes se font entendre, notamment par l’intermédiaire de voix d’outre-tombe et de bourdonnements au rendu monastique provoquant un sentiment d’inquiétude. On s’en voudrait également de ne pas mentionner l’interlude Wade qui avec ses lignes de guitare acoustique cède la place à Nuages, hommage chaotique et dissonant au guitariste de jazz Django Reinhardt.
Chaotique, bestial et dénué d’espoir, There's Always Blood at the End of the Road marque le premier chapitre réussi d’un nouveau livre de l’œuvre de Wiegodood. Le goût du sang dans notre bouche à la fin de ce nouveau périple ne manque pas de saveur, vivement le prochain combat.
Wiegedood - Chronique - Black metal - There's Always Blood at the End of the Roa



