La réponse arrive dès AUX, morceau d’ouverture de Bauta, qui remet les pendules à l’heure sans demander la permission. ONDT BLOD y retrouve une vraie rage, taillée au burin, et balance ses attaques décalées et mélodiques avec un naturel déconcertant. Autant dire que Bauta démarre sous les meilleurs auspices.
Le défi, évidemment, réside dans l’équilibre — cet entre-deux où ONDT BLOD excelle lorsqu’il est inspiré. Et sur ce nouvel album, Aslak Heika Hætta Bjørn fait office de funambule en chef. Le chanteur navigue avec une facilité déconcertante entre agressivité et envolées fédératrices, entraînant le groupe dans des chœurs irrésistibles.
Même les morceaux plus mélodiques, comme Kembo ou Flemma, tiennent parfaitement debout. Moins agressifs, plus aérés, ils permettent au groupe de s’exprimer sans s’essouffler et surtout sans trébucher cette fois-ci.
Comme souvent, ONDT BLOD va également puiser dans son héritage culturel et dans la richesse du folklore sami. Un élément identitaire fort qui contribue à les distinguer dans une scène hardcore parfois trop uniforme et trop sérieuse.
En résumé : ONDT BLOD signe un retour inspiré, énergique et rafraîchissant. Bauta souffle un vent nouveau qui rappelle à quel point le hardcore peut être intense… sans perdre son âme cette fois.
Ondt Blod