Aujourd’hui, les Liégeois d’adoption poursuivent leur épopée avec El Mundo Kaput, première parution physique depuis Neon Noir Erotica (2020), album sérieusement recommandable mais quelque peu mis sous scellé par certaines circonstances. Revenu au-devant de la scène avec deux sorties numériques - The Fable of the Bees (LP) préfigurant une forme de retour aux sources confirmée par Chaos Magic (EP) et son caracatère D-beat Hardcore - DAGGERS enfonce ici le clou avec trois nouveaux titres rapides, explosifs et absolument dévastateurs.
Entrée en trombe, With Rue plante le décor sans préambule, frappe d’un coup sec et brutal, revendiquée par le quatuor comme leur pièce la plus métallique. Unriven nous aspire ensuite dans un tourbillon noir où toute tentative d’évasion devient vaine, suffocante et hypnotique. Little Death ponctue cette nouvelle déflagration en accentuant la mélodie furieuse, comme s’il fallait tenir la rage en laisse avant que tout explose.
L’exécution d’ensemble s’avère fulgurante et sans fioritures, mais le martèlement et les structures bétonnées savent pourtant se réinventer au fil des variations, tandis qu’une voix toujours plus frontale pousse chaque riff irrésistible un peu plus loin. Sous la houlette de Gilles Demolder (Oathbreaker, Wiegedood), l’enregistrement en conditions live traduit l’énergie brute et la tension comme jamais auparavant : plus de puissance globale, une définition accrue pour chaque instrument, une batterie qui cogne avec précision et des guitares qui mordent net.
Signée par leur guitariste Thierry Tönnes, la pochette réalisée aux pastels à l'huile, puis photocopiée sans retouche, dégage un voile bruyant et vivant, manifeste instinctif qui renvoie au titre et à l'urgence sonore de ce nouvel EP hautement galvanisant.
El Mundo Kaput ou la fureur non contenue de ce monde. Si vous comprenez qu’il est véritablement entrain de s’effondrer, DAGGERS vient assurément de le traduire par ce nouveau brûlot sonore.

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