Pour son deuxième album chez Pelagic Records, le quatuor post-rock parisien durcit son propos et élargit son spectre sonore sans perdre ce qui a toujours fait sa singularité : des atmosphères immersives, une tension savamment entretenue et un sens remarquable de la narration instrumentale.
Plus sombre et plus lourd que ses prédécesseurs, l'album explore les fragilités de la psyché humaine et la tension permanente entre espoir et désespoir. Les guitares gagnent en densité, les rythmiques occupent une place centrale et les influences post-metal se font plus présentes, tandis que les textures électroniques continuent d'enrichir un son immédiatement identifiable.
Parmi les temps forts, « Eclipse » s'impose comme l'une des réussites majeures du disque, tandis que « Becoming », sublimé par la voix de Rebecca Need-Menear (i Häxa), apporte une respiration aussi délicate qu'envoûtante. La seconde moitié de l'album apparaît d'ailleurs comme la plus convaincante, enchaînant les morceaux avec une fluidité et une intensité remarquables.
Avec We're All Going To Be Fine, LOST IN KYIV réussit son pari de renouvellement sans céder à la rupture. Plus puissant, plus contrasté et porté par une écriture particulièrement soignée, l'album confirme la capacité du groupe à évoluer sans perdre ce qui fait sa singularité.

Lost in Kiev
i Häxa