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Bruxelles (Vartkapoen), le 24-10-2012

OXBOW

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Live report : Oxbow comme de l'Ore



« C'est un black de deux mètres qui chante en slip ».
Toi aussi tu dis ça pour décrire Oxbow à unE novice ?
Toi aussi, tu sens qu'il y a quelque chose, mais un noise-spoken-word, ça te parle pas trop ?

Avant, il y a eu ORE.
Un accouchement. Long. Un travail. Une peine.
Pour un résultat mort né. Après avoir soufflé les bouillies dans les tubas, quand enfin tu te dis qu'il va y avoir autre chose, rien. Une montée de guitare. Une reverb de trompette. Un même timbre et des variations de souffle qui créent un état de manque, une léthargie spéculative, une attente auditive. Et ça fonctionne, j'allais quitter mon poste quand Niko Wenner, ses tristes cordes et un trompettiste rejoignent le duo à bout de souffle (eux ou nous?). Nos pavillons s'ouvrent pour assister à une longue montée sous le feu des lumières froides. Après l'apogée, une fin bruitiste, comme pour laisser l'inachevé résonner pour une autre fois. Resté jusqu’au bout, je me demande ce que j'ai vu. Une humeur bipolarisée.


Une pièce qui manque au puzzle. Une cathédrale sans briques. Ou alors c'est le ciment qui manque. On se demande d'abord : « mais où sont ceux qui avaient assisté à l'énorme concert du Magasin 4 un soir de novembre 2009. Ce soir, on approche la cinquantaine. C'est vrai, j'ai senti peu d'engouement pour ce concert. Est-on lassé d'Oxbow ?

Eux, ils restent fidèles à ce qu'ils sont, à ce qu'ils font. Multiplication des projets, d'apparitions plus ou moins fréquentes et un album à venir, « The thin black dude ». Et c'est peut-être ça qui cloche. Oxbow ne peut faire que du Oxbow. Sous des apparences d'évolution, c'est la forme qui change, pas le fond. Ce soir, c'est un orchestre cuivre-corde qui accompagne la formation. Et une chanteuse de rouge vêtue qui laisse la voix d'Eugene S. Robinson se superposer à la sienne. Tout y est pour voyager dans les méandres déchirés qu'on leur connaît, à former des carrés de Rubik's cube de nos paquets de neurones.

Ah non. Pas de batterie. Pas un boum/tchack. Rien. La guitare de Niko Wenner, ça ferait presque chialer parfois, mais seule, elle déborde sur le reste. Heureusement, il y a le guitariste de l'ombre qui, semelles collées au plancher, tient la barre. Du début à la fin, comme un chef d'orchestre, il scintillait par sa mesure. Le reste, ça sentait un peu le déjà-entendu. Le déjà-vu. Même si tout le travail d'orchestration donne aux morceaux une nouvelle tournure, j'ai eu peine à trouver la nouveauté. Attendre maintenant le prochain album.

Ne pas dire ce qu'on a pas dit. L'intensité était là. Les quelques témoins confirmeront peut-être. Et puis le déplacement au VK, parfois pas estimé à sa juste valeur, ça vaut toujours le détour.
image 24-10-2012

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