Reportage

Durbuy Rock Festival 2017 - Jour 2 : Quand hardcore et folk se marient à merveille…

Bomal-Sur-Ourthe (Durbuy Rock Festival), le 08-04-2017

Samedi 20 mai 2017





De retour sur le site, nous sommes accueillis comme il se doit par les deux derniers groupes tremplin sélectionnés par le festival. D’une part, les deathcoreux de Prelude To Disaster, régionaux de l’étape (les gaillards nous arrivent tout droit d’Arlon), qui balancent un death metal atmosphérique de fort bonne facture à l’assemblée. Les deux vocalistes du groupe laissent entendre tour à tour leurs rugissements couverts par des riffs deathcore bien agressifs. Rappelant The Faceless voire même Gorod par moments, les jeunots ont vite fait de se mettre le festival dans la poche.



Même son de cloche pour les Namurois de Down To Insanity et leur savoureux mélange de djent et de metalcore gratiné de progressif. Le soleil est de nouveau au rendez-vous et la scène extérieure est témoin du premier circle pit de la journée. Il n’y a pas à dire, ça a fait mouche et le son incisif et bien brutal du quintet y est pour beaucoup ! Belle entrée en matière une fois de plus !



Changement d’ambiance avec les joyeux vikings d’Aktarum bien connus dans nos contrées. Porte-étendard du folk, ou plutôt devrais-je dire du troll metal belge, les gars vont s’employer à lancer les premières véritables festivités de la journée. Comme à leur habitude, ils débarquent sur scène les corps et visages bariolés de fond en comble et attaquent d’entrée avec Game of Trolls issu de l'EP du même nom paru en 2014. Forcément, les claviers dominent largement leur paysage musical et la comparaison avec Turisas est de mise. Tout juste après Rock’n’Troll issu de l’album « Gang of Trolls » (2010), le groupe se fend d’un tout nouveau morceau joué spécialement en avant-première. Décidément chez Aktarum, tout est une histoire de … trolls puisqu’arrivent ensuite Troll Forever et Imperial Troll (loliloliloliloll) qui pourraient être la bande son de vos meilleures parties endiablées de Warhammer. On se quitte avec Enchanted Forrest au bout d’un set bien énergique et accrocheur, une bonne mise en bouche en attendant Finntroll et Ensiferum qui investiront les lieux plus tard dans la journée.



Les Français de T.A.N.K (Think of A New Kind) envoient tout de suite après leur mélange de death mélo et de thrash, le tout sous un soleil de plomb. Ils en profitent pour présenter leur nouveau guitariste. On sent une volonté de bien faire mais le public n’a pas l’air d’être le plus réceptif qui soit et le groupe peine à nous emporter dans son univers, qui, même si l’on reconnaît sa qualité et sa réputation scénique, n’est franchement pas des plus originaux. Leurs aînés suédois (In Flames, Soilwork et Meshuggah) ayant dévasté tout sur leur passage, la place est rude pour atteindre ne serait-ce que le dessus de leur cheville… On aura tout de même pu apprécier un son clair et compact qui rend justice à la finesse et à l'énergie des compositions, des riffs tranchants et ce rythme syncopé fidèle à la plupart de leurs morceaux.



C’est toujours un plaisir de retrouver les Liégeois de Surge of Fury, leader historique du mouvement hardcore belge. Avec une musique puissante et des plus accrocheuses, leurs morceaux courts et serrés envoûtent instantanément les fanatiques présents. « Durbuy, fais toi plaisir ! ». Et vas-y que ça mosh sauvagement sur ce hardcore groovy à souhait ! On en redemande ! C’est Made In Belgium !



En ces temps de crise, d’élections présidentielles et de climat politique fort chahuté pour la France, la présence de No One Is Innocent sur les routes et festivals apparaît comme élémentaire voire indispensable tant le groupe engagé n'a de cesse de crier haut et fort, à qui veut l’entendre, les vertus et valeurs que doit avoir tout citoyen qui se respecte : tolérance, liberté et humanisme. Et à ce jeu-là, il apparaît clairement que les Parisiens sont les plus forts. On démarre sur les chapeaux de roue avec Djihad Propaganda et ses « Feux à volonté ! » incisifs. Kemar saute dans tous les sens, indique la voie à suivre et incite son groupe et son public à donner le meilleur d’eux-mêmes. « Voilà une belle heure de thé dansant pour faire du bruit ! ». Poings levés, on assiste à leur bien connue prise de position sur Nomenklatura aux paroles d'intro on ne peut plus claires : « Ne laissons pas les rênes dans les griffes de la hyène… pour laver l’affront de la mauvaise haleine… de la famille Le Pen ! ». Après tout, « La jeunesse emmerde le Front National » comme disaient les Bérus. L’énergie dégagée est brute, sans concession. Shanka nous fait une véritable démonstration à la gratte tandis que la basse et la batterie atomisent l’assemblée. Un Johnny Rotten bien punk (sans blague !?) ou encore un Chile, toujours aussi vindicatif 20 ans après, font trembler… « Nous gagnerons même si tu ne le crois pas… ». Pour le public du Durbuy Rock, pas besoin de se creuser le ciboulot pour déterminer le grand gagnant du jour. No One Is Innocent, plus vivant que jamais, aura eu une nouvelle fois à cœur d’extérioriser sa colère et toute la rage qui l’anime. Eux qui espèrent à de nombreux citoyens des jours meilleurs… Le paradis quand on a connu l’enfer…



Avec Dalriada, c’est un style complètement différent qui nous attend sur la scène extérieure. Après un passage remarqué en 2014, les Hongrois et leur folk metal étaient de retour à Durbuy pour un passionnant show à l’énergie contagieuse. Jouant sur les platebandes d’Arkona ou Eluveitie, le groupe nous sert tout ce que le folk metal de l’Europe de l’Est sait faire de mieux : des chansons à boire, des danses folkloriques et des costumes qui le sont tout autant ! Cerise sur le gâteau : nous aurons droit à un wall of death tout mignon au cours du concert. Le son est parfait et nous laisse entendre toute la finesse de leur musique où les instruments comme la flûte et le violon arrivent à se frayer un chemin parmi les blast beats. Mention spéciale au fameux Hajdútánc en guise de rappel. Du bon vieux pagan folk comme on aime !



Grand habitué des lieux et de l’orga, Tagada Jones investit ensuite la scène principale. À l’instar de No One Is Innocent, les fans de punk rock frenchie en auront pour leur argent durant une bonne heure de show. Fort d’un tout nouvel album, « La Peste Et Le Choléra », le groupe débarque sur une énorme intro composée de discours et interventions d’hommes politiques et envoient Envers et Contre Tous, énième pamphlet contre le marasme politique ambiant. Devant un backdrop gigantesque à l’effigie de leur dernière galette, le groupe s’emploie à distiller punchlines à gogo, à l’image du titre éponyme du dernier album qui sonne comme du Rammstein qui aurait bouffé du Trust au petit déjeuner. L’esprit de révolte toujours en tête, les morceaux aux titres évocateurs défilent (Descente aux enfers, Les Nerfs à Vif, Je Suis Démocratie, …) et l’on termine avec Mort aux cons, futur classique punk, véritable appel au sursaut d’orgueil, hymne anti-racisme repris en chœur par la foule conquise.



L’Esprit Du Clan, c’est un sacré client niveau scénique et le public amassé devant la scène extérieure en témoignera ! Des riffs pachydermiques et terriblement groovy nous explosent à la tronche, tel un coup de rangers en pleine figure, le tout combiné à la voix surpuissante d’Arsène et le punch de la batterie de Vincent (nouveau venu avec le bassiste Julien) en fait un résultat décapant. EDC, c’est une masse compacte d’énergie bouillonnante et une humanité sans limite provocatrice, les nombreux circle pits et pogos n’en sont que les preuves supplémentaires.



Faut-il encore présenter Finntroll ? Ce fleuron du folk/black finlandais est très certainement le groupe le plus festif de cette cuvée 2017 et force est de constater qu’ils ne vont pas nous donner tort. Faisant la part belle aux albums « Blodsvept » et « Nattfödd », le show va prendre des allures de champ de bataille où slams, pogos et wall of death règnent en maîtres. Comme cela est souvent le cas avec Finntroll, l’ambiance est plus que torride, la sueur se mélange à la bière et cette messe noire est célébrée par un ‘Vreth’ hypnotisant et aussi charismatique que possible. Toutes oreilles de trolls dehors, nos amis nordiques ont fait honneur à leur réputation d’instigateurs de bordel sans nom ! Mention spéciale à la sécu pour son excellent travail !



Sortez les kilts, on part en Ecosse ! On commence à être habitué à la présence de The Black Tartan Clan du côté de Durbuy et ce n’est certainement pas pour nous déplaire. On se délecte une nouvelle fois devant ce punk rock celtique où mandoline et cornemuse font tellement bon ménage. Les grands temps forts du show sont à mettre à l’actif de All For One, Don’t Walk Alone et la reprise fort bienvenue du Blitzkrieg Bop des Ramones . Pari toujours aussi gagnant !




Next ? Les vétérans du Hardcore new-yorkais de Sick Of It All qui fêtent les trente ans de la sortie de leur premier bébé ! Ces types continuent de jouer à un rythme effréné et le poids des années ne semble pas du tout peser sur leurs épaules. Quel enthousiasme, quelle énergie, quel dynamisme orchestrés par les frères Koller, tous deux en très grande forme. Pete n’en finit pas de jumper et de courir d’un bout à l’autre de la scène tel un kangourou sous psychotropes. Le son, s’il laisse cependant à désirer, ne remet aucunement en cause le bon déroulement du show qui se ponctue par Step Down et Built to Last. Efficacité maximale pour un groupe qui n’a pas fini de se la couler douce…



New Model Army fait en quelques sortes figure d’ovni sur cette affiche du Durbuy Rock. Bravant le froid qui s’installe à nouveau en cette soirée, le combo british aura à cœur de s’adapter à ce public pas spécialement venu pour ce type de musique qu’est le post-punk à consonance darkwave. Pari risqué mais pari relevé de fort belle manière. Tout commence avec R&R et ses licks de guitare déchiquetés et pour lequel la voix de Justin Sullivan se veut punitive. Here Comes The War est lancée en pâture telle une bombe nucléaire quand Part The Waters se veut calme et mystérieux au commencement avant de partir dans des structures mélodiques saisissantes. Sullivan alternera guitares acoustiques et électriques au court du set. Sur Angry Planet, on retrouve de nombreux éléments propres à une chanson engagée jouée live (des guitares en colère, des paroles véhémentes, des lights vifs, les bras vers le ciel) ... c'est du New Model Army au summum de sa puissance électrifiée ! Si la chanson Eyes Get Used to the Darkness est d’une beauté rare, le morceau Born Feral apparaît comme un des grands temps forts du concert avec un Ceri Monger inspiré à la basse et surtout un Marshall Gill aux percussions tribales qui apportent un son compact et lourd. Malgré les soixante-et-un balais de son leader (le bougre soufflait d'ailleurs ses bougies ce jour-là), NMA a prouvé que ce qui compte pour un groupe, c’est l’esprit et surtout une attitude à adopter pour faire les choses du mieux possible, peu importe son âge ou son milieu social. Cultissime tout simplement ! Post-punk, rock, gothique, folk, northern soul, la musique de NMA est impossible à décrire de manière palpable, et c’est cela qui fait sa force. CQFD !



C’est à Ensiferum que revient l’honneur de clôturer cette édition 2017 du Durbuy Rock Festival. Les Finlandais savent mieux que quiconque créer un mélange accrocheur, puissant et énergique de folk et viking metal. Dès l’ouverture avec From Afar pour laquelle les pogos ne se font pas attendre, la magie opère, la foule, elle, coopère. Avec des chansons comme Warrior Without A War, Heathen Horde, In My Sword I Trust, les Nordiques continue la promotion de « One Man Army » qui dure depuis plus de deux ans maintenant. Beaucoup a été dit concernant Ensiferum, la claviériste Emmi Silvennoinen ayant quitté le navire, c’est l’accordéoniste Netta Skog (ex-Turisas) qui s’est chargée de la remplacer. Celle qui fait désormais partie à part entière du band, apporte le vent de fraîcheur qu’il fallait dans cette salle peuplée de vikings et barbus peinturlurés de haut en bas ! Surprise de taille : nous n’aurons pas droit à Iron cette fois-ci mais un Lai Lai Hei tout aussi festif et efficace ! Et le concert de se terminer par le riff d’intro du Sweet Child O’Mine des Guns N’ Roses en guise d’adieu au Durbuy Rock qui aura été une nouvelle fois sous les feux des projecteurs l’espace d’un début de week-end diablement métallique.

Le Durbuy Rock, c’est désormais un savoir-faire, le guide suprême pour tout festival wallon qui se respecte et surtout le gage d’une qualité d’affiche éclectique et d’organisation sans faille. Longue vie à lui !

LIVE REPORT DE LA PREMIERE JOURNEE




Remerciements au Durbuy Rock Festival !

Photos live : Laurent Pierre (merci beaucoup !)

https://www.facebook.com/LauPi-Photo-1589330217959778/?pnref=lhc

https://www.flickr.com/photos/durbuyrock/albums


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AUTEUR : Panda
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, pas...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...

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