On peut rapprocher l'album à And, de Jonah Matranga. Matranga est aussi un personnage connu dans le milieu, vu qu'il est le chanteur des pionniers emocore californiens Far. Son premier album solo (sous son vrai nom) était un mélange de mélodies folk et d'arrangements rock, et vice-versa. C'est un peu la même chose pour Walter Schreifels, qui sort un album personnel, assez calme, dominé par la guitare acoustique, avec juste un peu d'électricité pour soutenir les mélodies. Schreifels obéit aux contraintes habituelles des albums solo, avec des morceaux introspectifs, assez éloignés de ses anciens et présents groupes, mais il garde toujours un certain attrait pour la mélodie, et pour des chansons douces-amères, mais rarement empreintes de trop de pathos.
Arthur Lee's Lullaby est plutôt folk, She Is To Me commence avec la batterie de Just Like Honey mais est en fait fort léger, aérien, tout comme la reprise de Society Suckers, d'Agnostic Front. Oui, je viens d'écrire "léger" et "Agnostic Front" dans la même phrase. Save the Saveables prouve une fois de plus que Schreifels sait écrire des mélodies en dormant, alors que Shootout casse un peu le fil rouge assez optimiste de l'album, avec une bien triste histoire d'amour qui se termine mal, évidemment. Schreifels va même jusque reprendre un de ses anciens morceaux écrits pour CIV, Don't Gotta Prove It. Tout cela est évidemment très personnel et parfois bizarre à entendre, comme The Ballad of Lil Kim, où Schreifels se demande ce que c'est de vivre dans le corps de la diminutive rappeuse. L'album se termine sur la chanson-titre, un hommage à Raymond "Raybeez" Barbieri et son slogan légendaire "Don't forget the struggle, don't forget the streets, don't sell out", dans un morceau qui rappelle l'histoire du hardcore new-yorkais, et notamment la promiscuité entre les milieux straight edge et skinheads. Tout cela est très sympa, mais le Rival Schools, il arrive, ou quoi?

Youth of Today


Fär