Dès qu’on suppose avoir compris où DAS SIMPLE veut en venir, on se ramasse une veste et ça repart dans une tout autre direction. Pire qu’un gosse hyperkinétique, DAS SIMPLE est insaisissable. Le groupe ne tient pas en place et est capable de passer d’une Noise soyeuse à un Free-Jazz sans oublier des versants Sludge ou Métal voire des semblants de Pop. Ne parlons même pas du chant qui maîtrisé est lui aussi capable d’extrêmes comme la clarté, la logorrhée ou le silence.
Même si on a connu des albums plus abstraits, ces rejetons de MR BUNGLE donneront des nuits blanches à ceux qui écouteront celui-ci. Au début on rigole, il est vrai. On s’amuse de tous ces délires… mais à la longue, au bout de 8 titres, les yeux rouges et exorbités, on n’a toujours pas compris ce qu’il venait de se jouer. Derrière tous les obstacles que le groupe s’évertue à faire surgir, DAS SIMPLE maintient une ligne de conduite qui souligne la cohérence. Évidemment tout cela a des allures de dispersement mais derrière ce chaos, on retrouve une volonté commune de bousculer, de transgresser. Et ce sont ces transgressions perpétuelles qui déstabilisent justement. Le manque de repères affirmés et solides déconcerte nos habitudes.
Une audace musicale qui nécessitera une énorme dose d’ouverture d’esprit et de remise en question pour s’y investir. Enregistré par Nicolas Dick (KILL THE THRILL), cet album éponyme bénéficie d’un son à la hauteur de son concept. Précis mais loin des prétentions inutiles et démonstratives. Un disque qui vous attaque de face et de toutes parts en même temps. Il ne laisse rien voir venir si ce n’est le doute. Pas celui de la qualité de l’œuvre mais de soi et de ses références.
Das Simple
Mr. Bungle