Catch My Shoe renoue après quelques pérégrinations ethniques avec les bases de THE EX. Il s’agit d’un album qui va droit au but, reprenant les lignes incisives et punk qui ont construit l’identité même du groupe. Seul, Eoleyo nous ramène quelque peu en Ethiopie. Le reste de l’album contient des titres qui rappelleront les titres historiques comme Hidegen Fùjnak A Szelek, State Of Freedom, Choice, State Of Shock, Time Files ou Frenzy. Des plages plutôt longues possédant un rythme quasi tribal sur fond de noise hargneuse.
Ceux qui pensaient que le groupe s’était ramolli avec l’âge au profit d’expérimentions, certes intéressantes mais plus élaborées et intellectuelles, seront surpris de l’entendre à nouveau aussi vif et survolté.
THE EX nous démontre qu’il n’a rien perdu de sa verve ni de sa capacité à jouer sur cette tension qui nous lacère de plaisir. Catch My Shoe ne contient quasiment que des titres au potentiel dévastateur. On retrouve aux manettes un Steve Albini secondé par Bob Weston (au mastering) pour un enregistrement, on ne peut plus adapté, sec. Il ira, donc, plus de la sensibilité de chacun pour mettre en avant l’un ou l’autre titre. Seule la pochette est décevante. D’une simplicité plutôt banale, si THE EX visait la sobriété, il eût été pourtant capable de faire plus agréable.

The Ex