Voguant à travers une Noise-Rock particulièrement musclée dont l'inspiration physique est à recherchée clairement du côté de THE JESUS LIZARD, BLACKLISTERS enfonce les portes. Avec ses rythmes puissants, le groupe anglais n'hésite pas à fondre des riffs massives.
Ici on taillade sans compter ni calculer. C'est balancé par de vrais maniaques névrotiques. L'abrasion corrosive et surtout l'envie de défoncer le moindre sourcillement contraire équivaut à une prise de testostérone avec UNSANE. L'intensité de BLACKLISTERS n'est pas feinte puisqu'elle vous provoque tel un boxeur sur le ring qui n'attend qu'une réaction de son adversaire pour entrer dans la danse.
Si l'album est épais et costaud, il s’accommode très bien sur la longueur. Comme il y a plusieurs manières d'enfoncer la porte et qu'il en existe différentes sortes, BLACKLISTERS en tant qu'expert nous gratifie d'une démonstration. Personnellement j'opte pour la méthode Ok47 et les plus démonstratives telles que I Can Confirm That Ruth Abigail Holmes Is Not Dead And Is Planning To Make A Movie About Her Life ou Ask Yourself A Question If The Answer Is Go Fuck Yourself.
En termes de démonstration, son chanteur, Billy Mason-Wood est plus efficace quand il conserve un minimum de retenue. BLACKLISTERS dégage déjà tellement de puissance et de virilité que les cris restent dispensables. Son chant hargneux et ses mots susurré suffisent amplement à donner autant poids.
Grosse bombe Noise-Rock, BLACKLISTERS est maintenant attendu de pied ferme sur scène. Après un premier album au physique aussi imposant, les Anglais ont tout intérêt à se montrer aussi, si pas plus, rageurs devant un public qui n'attend plus qu'à en découdre avec eux.
