Pendant ces deux années pendant lesquelles on a pu observer un changement de bassiste et de nom (puisque le groupe a fait ses armes sous l'appellation Celebrate Your Mother), le combo n'a cessé de jouer... surtout à Liège. Habitué à ouvrir les concerts rock, metal ou hardcore de la cité ardente, Celebrate a pris l'énorme risque de complètement se griller auprès du public en - notez le paradoxe - jouant trop souvent. En effet, pourquoi se déplacer pour aller voir jouer Celebrate alors qu'on l'a déjà vu le mois dernier et qu'on le verra de nouveau le mois prochain lors d'un autre concert ? Idem pour les organisateurs, qui n'ont pas toujours d'intérêt à ajouter à leur affiche un groupe qui joue régulièrement dans la ville.
Pourtant, le groupe a plutôt bien fait d'insister puisqu'au fil du temps, l'expérience constamment approfondie par Celebrate lui a permis de faire évoluer son set très rapidement, de gagner plusieurs places sur les line-up de concerts et de décrocher des places sur des affiches plus importantes. Et, surtout, d'avoir rapidement la maturité nécessaire pour nous fournir un deuxième EP dégagé des erreurs de jeunesse qu'on pouvait trouver sur leur pourtant très prometteuse première sortie.
Car sur ce Balanced Bones, plus de trace de voix rauque chantée qui rappelait la scène grunge d'il y a maintenant vingt ans. La voix de Nicolas Neutelers est criée et, sans effets, sort des tripes. Musicalement, on sort également du rock alternatif pour partir sur une approche beaucoup plus punk-hardcore. Impossible pourtant de qualifier Celebrate de groupe hardcore, tout comme de n'importe quelle étiquette d'ailleurs, tant les nouvelles influences sont vastes. On lorgne même vers le shoegaze et le post-punk sur Bells Rang, qui démarre pourtant de manière plus agressive et rapide que les autres titres. Le mid-tempo de Two Burns et son couplet très calme est une petite bombe d'intensité qui nous prouve que Celebrate a réellement trouvé sa voie et que son évolution, aux allures de virage à cent quatre-vingt degrés par moments, est une bénédiction pour le groupe. Le morceau de clôture, Bob, révèle encore une nouvelle facette du trio liégeois avec sa longue plage dissonnante très aérienne.
Sans complètement sortir du contexte annoncé par leur premier EP, Celebrate est parvenu à tellement élargir ses horizons qu'il nous sort ici un EP inattendu qui les projette incontestablement dans la cour des grands.
liege noise alternative rock

Celebrate