C’est d’abord le chant à la Lemmy de Bob Reid qui a pu refroidir les vieux de la veille. Bob Reid est une force de la nature, capable en plus de jouer sur cette fine frontière entre aboiements compulsifs et intention mélodique. Une qualité qui ne se dévoilera que plus tard, la performance du frontman restant assez statique sur cet album, avec trop peu de variation pour vraiment séduire.
Musicalement parlant, si on comparait Violent restitution à un sprinter fou, on pourrait rapprocher Shotgun Justice d’un train à grande vitesse, concédant de rares étapes. De quoi produire un Speed excitant, fidèle à ses racines brutales et sans concession. Mais également lassant, handicapé qu’il est par cette tracklist si longue et ce manque de respiration. Sur cet album, Carlo a écrit des passages formidables, sources d’inspiration en matière de Thrash, à mettre au même rang qu’un Slayer. Mais en suivant le même reproche que l’on peut adresser à cette recherche vaine de la vitesse pour la vitesse elle-même, Carlo finit par se caricaturer lui-même.
Il reste cependant suffisamment de quoi aimer dans ce Shotgun Justice, inspiré par les thèmes assez terre à terre du groupe comme la rue, la vie en tournée, la société. L’énergie (fort bien retranscrite dans les bonus live livrés avec cette réédition) et surtout ces véritables hits que sont des morceaux comme American Luck, Violence Condone, Stabbed In The Back, Burning Bridges, Brass Knuckles and Meaning Of Pain. En fait, si on évoquait à une époque les influences Punk de Slayer (remember Undisputed Attitude), on pourrait tout à fait en faire de même avec Razor à l’écoute de cet album. Un certain goût du Thrash et de quoi maitriser les pits sans problème.
Shotgun Justice est un bon album perdu au sein des nombreux enregistrements produits par Razor. S’il n’a pas complètement séduit les fans old school du groupe, il possède quand-même suffisamment d’arguments pour vous pousser à (re)plonger dedans, surtout quand on considère l’effet pivot qu’il constituait pour un groupe à l’orée d’une nouvelle version de lui-même.
Dark Angel, Nuclear Assault, Sodom, Destruction, Metal Church
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