Armé de sa tendresse envers la violence urbaine et de ses poignets de force cloutés, Razor constituait un prototype du groupe de Thrash par excellence, mais du genre à faire exploser toutes les limitations de vitesse, à l’image de ses compatriotes de Exciter. Avec sa petite attitude punky-rageuse et ses emprunts à Metallica ou Motörhead, Violent Restitution évoque l’art brut du Speed aux prises avec le Thrash US typique, quoique lorgnant vers le style West Coast davantage que vers celui de New York.
Il est indéniable que Razor a su se forger à l’époque une certaine classe, même si pas forcément proprette, et ce, en dépit d’arrangements pouvant sonner un peu datés de nos jours. Plus qu’une variation autour d’un style, Razor savait déclencher la frénésie pure, à commencer par un The Marshall Arts contagieux, ou plus loin par ce croustillant morceau titre ; ou comment se laisser emporter par l’esprit de l’époque. Un Speed/Thrash old school qui vous tient et vous consume, un grand feu attisé par des brulôts tels que Out of the Game, Eve of the Storm, I'll Only Say It Once ou Enforcer.
Là où Razor faisait moindre impression cependant, c’était peut-être dans le choix des riffs, pouvant mener certaines compos à se confondre les unes avec les autres. Un manque d’idée ? C’est possible, mais les riffs en question restent suffisamment amples pour tenir en haleine, au risque de jouer au boxer qui évite le KO et attend la décision aux points. Des points attribués sans problème à la sélection de solos, qui impressionne davantage et tient la complètement la distance tout au long de cet album. Une vélocité, une puissance saine menée par un Sheepdog aux abois et complètement au diapason de la musique composée.
En plus du remastering complet offert à cet album, Relapse propose en guise de bonus trois morceaux live enregistrés en 1988 à Toronto, et permettant de mieux saisir ce qu’était Razor à l’époque, bien loin de la propreté du studio. Les collectionneurs et les fans de l’époque seront donc sans doute ravis de retrouver un des groupes de leur jeunesse. Quant aux autres, ils peuvent se frotter les mains à l’avance pour cette nouvelle découverte, et pour ce petit voyage organisé vers les origines.
Dark Angel, Nuclear Assault, Sodom, Destruction, Metal Church
Razor
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Motörhead