Le projet navigue sur différentes mers même si il est vrai, on aurait pu les attendre sur un océan plus agité quand on regarde le pedigree de ses musiciens.
Seule la production volontairement crue correspond à l'image de ses acteurs. KING FU maintient clairement son affiliation Punk en choisissant un enregistrement nature et minimale. Il ressort une ambiance moite et une basse bien ronflante se fait entendre.
Le groupe se colle volontiers l'étiquette Grunge. Ne cherchez toutefois pas des excès à la NIRVANA. Il faut plutôt prospecter dans l’étymologie de l'étiquette et bien que l'énergie de KING FU soit beaucoup plus retenue, le Grunge de Ghost Police est plus l'héritage d'un Touch Me I'M Sick de MUDHONEY.
Le trio évoque aussi son inspiration Noise pour aborder sa musique. A nouveau, cette mise en avant stylistique est à gratter derrière les distorsions. Les fans de Steve Albini et de SHELLAC pourraient être déçus si ils attendent un KING FU tendu.
La formation liégeoise se démarque par une nonchalance surprenante. Avec des lignes mélodiques assez inattendues et presque douces. Le chant de Greg Danger (DAGGERS) est déroutant et lorgne vers ce revival JOY DIVISION qui bouillonne depuis 2-3 ans. L'ensemble pourtant assez chaleureux, se caractérise par une interprétation froide qui devrait trouver un écho positif chez les Post-Punks nouvelle et ancienne génération.
Artistiquement, KING FU brouille donc les pistes. Mais son Ghost Police n'est pas un jeu d'orientation. Il s'écoute facilement et c'est d'ailleurs assez étonnant comme on se laisse emmener par le disque. Certaines inflexions vocales crispent mais par je ne sais par quel tour de magie, KING FU récupère l'attention là où elle aurait pu se perdre. De même dans le jeu minimaliste, alors que le trio donne l'impression de s'enfermer dans une certaine répétition, KING FU parvient sans effort apparent à relancer la machine.

King Fu
Nirvana

Joy Division