La froideur qui se dégage de l’Islande est propice à l’éclosion d’un black metal aride, comme nous le démontrent notamment Auðn et Misthyrming. Pourtant, l’Islande est également en mesure de se réchauffer à l’image de ses volcans et c’est la voie qu’a choisi d’emprunter Power Paladin avec son power metal épique et fantastique. Ses six guerriers sont prêts à en découdre avec les créateurs fantastiques qui s’attaqueraient à l’île et aux envahisseurs qui oseraient pénétrer sur leur terre, vous voilà prévenus.
Le nouveau label Atomic Fire Records, fondé par d’anciens de chez Nuclear Blast, a eu le nez creux en proposant comme première sortie With the Magic of Windfyre Steel. Entre la fraicheur de la jeunesse et l’héritage de power metal ainsi que de la new wave of British heavy metal (NWOBHM), le mix vaut le déplacement.
L’influence de la NWOBHM, dont le retour à l’avant de la scène n’est plus à démontrer, est perceptible en autres avec le titre Evermore ; lors de l’écoute de ce dernier, n’hésitez pas à vous attarder à apprécier la subtilité du jeu de clavier de Bjarni Egill Ögmundsson. La rythmique et les riffs déployés nous renvoient rapidement aux fantômes du passé de l’âge d’or de la NWOBHM.
Durant les 51 minutes proposées, on ne peut s’empêcher de se remémorer la vague du power européen qui faisait, entre autres, la part belle à Rhapsody of Fire et HammerFall. En outre, les islandais sans complexe regardent fixement sans trembler vers Twilight of the Gods d’Helloween lors du riff du refrain de Into The Forbidden Forest, comme voulant imposer un bref retour dans le passé.
Pourtant, Power Paladin ne se contente pas de puiser son inspiration dans l’heavy metal traditionnel ou les cadors du power. Ils n’oublient pas de nuancer leurs compositions, en ajoutant un brin de subtilité dès que l’occasion se présente, comme sur Creatures Of The Night où le rythme se calme au profit d’une rythmique regardant vers le blues. Sans crainte, la formation n’hésite pas à s’aventurer dans le prog rock des années 1970 ; Deep Purple n’est pas loin.
Bien loin d’être un simple pastiche des œuvres qui l’ont construit, ce premier album est marqué du sceau d’une identité forte, capable de prendre le meilleur du passé pour se l’approprier et le modeler de façon nouvelle.
Sans jamais sortir des sentiers battus, jouant constamment la sécurité, la formation excelle dans son domaine. Eloigné de toute prétention et misant en permanence sur l’efficacité, Power Paladin démontre que le power metal a encore de belles heures devant lui. De quoi palier à l’autodestruction de Gloryhammer en 2021 ? L’avenir nous le dira.
Power Paladin - With the Magic of Windfyre Steel- Chronique - Power metal
Brothers of Metal
Dragony
Power Paladin

Rhapsody of Fire
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