« Ce n’est pas juste du metal ou du rap pour se plaindre »
Né en 2025 entre Charleroi et Wavre, SamerSamerVoir la fiche est un quatuor belge qui mêle rap, hardcore et metal, le tout en français. Derrière ce projet, quatre musiciens : Greg au chant, Pascal à la guitare, Max à la basse et Jesus à la batterie.
Après la sortie d’un premier EP en juin 2026, le groupe a rapidement enchaîné avec plusieurs concerts. Et visiblement, SamerSamerVoir la fiche ne compte pas s’arrêter là puisqu’un deuxième EP est déjà en préparation.
On a passé une petite heure fort sympathique avec les quatre membres du groupe pour discuter de tout ça.
J’ai une première question à propos du nom de votre groupe pour le moins étonnant. Quelle est la signification de « Samer/sa mère » ? Greg : C'est une manière déjà de ne pas se prendre au sérieux avec des sujets sérieux. Ça part d'un délire pas trop réfléchi où on cherchait un nom de groupe et on n'a rien trouvé de mieux. On s'est dit qu’on aimait bien ce côté un petit peu décalé. On pourrait l'utiliser en argot ou en dialecte ou quand on en a marre : « sa mère ! ». C'est un peu comme une blague qui a fini par s'imposer. Pascal : Et cela dit, en fait, il y a aussi d'autres raisons qu'on a remarqué après. « Samer » ça ne sonne pas metal, ça s'accorde bien avec l'univers rap et c'est tout à fait cohérent en fait. Donc on a gardé.
Comment est né votre groupe ? Jesus : Max et Greg venaient d'un groupe assez connu, DollsexDollsex2 galeries, qui a beaucoup tourné, il y a des années puis qui s'est arrêté. Un jour, je suis tombé sur leur annonce. Ils cherchaient d'autres musiciens pour reformer un groupe de hardcore ou en tout cas dans un style un peu comme ça. Et comme j'avais beaucoup aimé justement DollsexDollsex2 galeries, je me suis dit « ah c'est génial c'est l'occasion ». Pascal est arrivé à peu près en même temps que moi. C’était en 2025.
Vous évoluez dans trois univers puissants : le rap, le metal et le hardcore. Vous voulez faire le plus de bruit possible, d’énergie, sans fioritures, frontalement ?
Greg : En fait, ça nous permet à chacun de mettre nos influences et ça fait un cocktail unique. Jesus : On fait ce qu'on aime, il n'y a pas un but secret derrière. On se fait d’abord plaisir et si on peut faire plaisir aux gens et que les gens adhèrent bah c'est cool.
« On ne veut pas non plus se mettre une étiquette rap metal, c'est vrai que c'est un petit peu le style auquel ce qu'on fait se rapporte, mais on essaye d'explorer pas mal de styles dans le metal même. »
Greg : Au début, je n’étais pas trop chaud pour le chant en français parce que c'est pas toujours évident. Disons que le chant français impose quand même des textes plus ou moins bien faits. Comme les gens comprennent ce qu’on dit, ça demande du contenu. Ça semblait un peu plus restreint mais, au final, c'est un très bon pari qu'on a fait. Greg le fait très bien, on est parti dans une bonne optique. Il y a peu de groupes encore qui osent se lancer dans le chant en français et ce n’est pas plus mal non plus.
Vous avez des choses à dire et vous voulez que le public les comprenne ?
Greg : On a, en effet, un petit côté engagé dans les textes. Quand je dis engagé, je pense à des phénomènes un peu de société qui sont dans l'actualité. Le climat, la jeunesse, etc. On essaye de faire passer carrément un message, pas un message global, mais plusieurs messages.
« On a passé les 40 ans et je pense qu’il y a un moment où il faut parler bien, parler clair, avoir des propos concrets et être en phase avec son âge. »
Certaines chansons sont des délires persos mais, dans l'ensemble, on essaie de parler de choses qui sont actuelles et de faire prendre conscience aux gens qu'il y a des choses qui ne tournent pas bien rond en ce moment.
Comment se passe votre collaboration ? Qui fait quoi ?
Pascal : On a tous plusieurs casquettes. On s'occupe déjà chacun de notre instrument. A côté de ça, il y a la recherche pour les concerts, les réseaux sociaux, le graphisme, les vidéos, etc. En fait, on a chacun un petit peu sa spécificité, en plus d’être musicien. Il y a aussi plusieurs personnes qui nous suivent et qui nous donnent un bon coup de main comme Vince, un ingénieur son, ou Vincenzo de Buzz Radio qui nous trouve pas mal d'opportunités dans les interviews par exemple. Et Gilles dit "m.o" qui fait partie du crew aussi. Il nous rejoint au chant sur un des morceaux. En fait, ça fait un petit groupe autour nous.
Votre premier EP intitulé « Merci, bonsoir » est sorti le 5 juin 2026 sous le label français M&O Music. Quel bilan tirez-vous des premiers retours du public et de la critique ?
Pascal : On a souvent des bonnes critiques parce que nos paroles sont tout public et qu’on parle de sujets qui intéressent une grande variété de personnes.
« Ce n’est pas juste du metal ou du rap pour se plaindre. Avec la variation de la musique, en général, les gens aiment bien et disent que c'est trop court. »
Ils ont envie d'entendre un peu plus donc c'est très encourageant et on est justement en train de s'organiser pour enregistrer la suite de l’EP. Max : Oui, c'est du positif mais on a eu très peu de retours par rapport à ce que j'aurais souhaité. Et surtout en faisant partie d’un label. On a eu une dizaine de critiques et les gens qui viennent nous voir en concert sont contents, c'est chouette, mais il n’y a rien qui décolle selon moi. On n'a pas assez de visibilité, mais malheureusement c'est super difficile. À chaque fois que je vais sur Spotify, je me dis « mais on est 400 milliards à faire de la musique cool qui ressemble à notre musique ! ». Pascal : La visibilité c'est quelque chose qui se construit petit à petit. Ça ne fait pas tellement longtemps qu'on a commencé à jouer et à faire des lives. Il faut que ça s'installe petit à petit mais c'est vrai que Max a un tempérament un peu plus fougueux, on va dire (rire).
Par contre, ça soulève le constat qu’il y a énormément de groupes actifs et beaucoup de nouveaux groupes qui se lancent.
Max : Plus les anciens groupes qui reviennent ! Maintenant, il y a aussi Internet et les réseaux sociaux. Quand on a commencé avec DollsexDollsex2 galeries, il y a 25 ans, il n’y avait pas tout ça. Il y avait déjà pas mal de groupes mais on ne les voyait pas et ceux qu'on connaissait nous connaissaient aussi parce que tu connaissais les groupes de la région de Charleroi, un peu de Liège, un peu du Hainaut. T'avais l'impression de maîtriser un peu le sujet alors que maintenant ça vient de partout. Si je suis un organisateur, je vais avoir 1000 groupes dans mon fauteuil qui vont peut-être venir de Lille ou de Dunkerque.
« Pour certaines choses, c'est vraiment chouette d'avoir les réseaux sociaux parce qu'en effet tu peux poster et faire écouter ta musique au monde entier. Mais, au final, ça rapproche moins les gens qui sont proches de toi, tu sais moins créer un truc comme on faisait avant. »
Par rapport à votre label M&O MusicLabelM&O MusicVoir la fiche, comment s’est passée la rencontre et pourquoi avoir choisi un label français ?
Greg : On est passé par Groover, une structure sur le net qui permet d’entrer en contact avec des labels, des chroniqueurs, des influenceurs, des youtubeurs, enfin tout ce qui gravite autour de la musique. Tu postes un titre et en fonction, tu reçois un avis tout à fait impartial et c’est M&O MusicLabelM&O MusicVoir la fiche qui est venu vers nous. Ils nous ont dit qu’ils aimaient bien ce qu’ils entendaient mais qu’il faudrait minimum un EP. Alors, on n’a pas trainé pour enregistrer un EP et depuis on travaille ensemble.
Et est-ce que vous souhaitez vous entourer d'autres personnes professionnelles ou vous restez avec vos compétences à chacun ?
Greg : On aimerait aller plus loin et on est hyper ouvert à tout. On est évidemment pour s'entourer de personnes professionnelles, mais on va prendre un bête exemple : un photographe qui va venir faire des belles photos en live. Ça coûte de l'argent et pour le moment on ne peut pas se le permettre parce qu’on a investi dans un backdrop. On doit aussi acheter les t-shirts, etc.
« On est un jeune groupe et on a encore beaucoup de choses à faire et à développer. Mais c'est vrai que le pognon ça reste le nerf de la guerre. »
On a par exemple reçu un chouette contact du label pour faire un clip quand on aurait les moyens si on a des subsides.
Si on veut s'entourer de personnes compétentes et professionnelles, il faut de l'argent donc comme on n'a pas les moyens de le faire pour le moment, on fait tout ce qu'on peut nous-mêmes en attendant mieux.
C'est un cercle vicieux. Pour être vu, il faut toucher des gens, des pros, il faut avoir une fan base, il faut avoir des followers. Pour avoir des followers, il faut faire des lives. Pour faire des lives, il faut avoir des followers. Enfin tu vois donc c'est très très compliqué.
Sur votre EP, il y a 5 titres qui riment (Planétaire, Adversaire, Corsair, Nouvelle air, Cimer). C’est fait exprès, j’imagine ?
Max : Ce sont des rimes en R, effectivement. On en a 10 comme ça. C'était un petit délire au départ et puis finalement on a tout gardé.
Ça veut dire qu'il y a un deuxième EP qui arrive bientôt avec les cinq autres chansons ?
Max : On a pour projet de sortir un petit son surprise en fin d'année. Et l'année prochaine, de refaire un nouvel EP.
Vous avez aussi sorti un premier extrait clippé pour le morceau « Corsair ». Une anecdote par rapport à ça ?
Max : On s'est dit que ce serait bien d’avoir un petit truc pour partager du contenu visuel et donc ça s'est fait vraiment à l'arrache. On a juste filmé des prises dans un local et d’autres dans le local qui était 4 mètres à côté. Tu as l'impression qu'il y a deux espaces bien distincts mais ils sont juste à côté. J’ai filmé un maximum dans les deux locaux en un jour j'avais 60 vidéos. Comme je suis infographiste, j'ai monté le truc, j'ai mis quelques effets. Ça permettait de voir un peu nos tronches et de voir un peu le moove.
Quelles sont vos ambitions pour la suite ?
Pascal : Faire des concerts. On aimerait bien essayer de toucher la France, les différentes régions dans lesquelles on n'a pas encore joué en Belgique aussi. Se faire connaître un peu dans différents endroits et le plus loin possible, on va dire.
Au fait, votre premier concert, c'était quand ?
Pascal : Le 13 juin au Chugs à Liège. Disons qu'on a pris un peu de temps. On a préféré travailler sur les morceaux, avoir quelque chose de qualité à proposer plutôt que de se jeter directement dans les lives. Composer des morceaux, ça prend aussi un peu de temps, tout mettre en place entre musiciens. On joue avec différentes nappes qui sont derrière, ça peut être du synthé, des deuxièmes guitares ou des choses comme ça. Tout ça, ça se travaille parce qu'on joue sur le clic du coup pour que tout soit bien synchronisé. C'est pour ça qu'on a peut-être pris un peu de temps pour se lancer mais maintenant on est prêt !
Si vous pouviez faire la première partie de n'importe quel groupe, lequel choisiriez-vous ?
Max : SevendustSevendustVoir la fiche Pascal : Hotbox Jesus : Hed PE(hed)P.E.3 galeries, Do Or DieDo or Die2 chroniques · 16 galeries, Pro PainPro-Pain1 chronique · 7 galeries Greg : Rise of the northstarRise of the Northstar4 chroniques · 11 galeries
Si vous deviez définir Samer en un seul mot, ce serait lequel ? Max : Energie. Scalo : Originalité. Jesus : Créativité. Greg : Authenticité.
Des dates à annoncer ? Max : Le BiouStock Metal Fest à Warnant, près de Namur, le samedi 31 octobre 2026.
Le mot de la fin ?
Jesus : Merci, bonsoir !
Greg : Merci pour l’interview et on est super contents qu’il y ait encore des structures comme Shoot Me Again pour aider les groupes.
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