Quoi que s’inscrivant dans une lignée de groupes anglais émergeants de la même mouvance sonore, hâtifs sont ceux qui auraient la maladresse de circonscrire TV Priest au style de leurs pairs. Les influences sont toutefois perceptibles et inutiles à énumérer pour les connaisseurs. Le rythme étant ralenti d’un cran sur ce nouvel opus, on peut davantage apprécier la profondeur des paroles de Charlie Drinkwater, qui nous expose sa vulnérabilité au travers de thèmes d’angoisse et de détresse sans toutefois perdre en intensité. De fait, les morceaux sont toujours articulés autour d’une basse grondante et d’une batterie millimétrée, auxquels s’ajoutent les riffs de guitare criants.

Les débuts du concert sont pourtant timides, en témoignent la fatigue du chanteur et le manque d’expressivité des musiciens au moment de monter sur scène, alors que le groupe achevait dimanche soir, sa chevauchée européenne. TV Priest avait effectivement annoncé il y a quelques jours l’annulation des trois dernières dates allemandes de sa tournée pour raisons volontairement inexpliquées.
Néanmoins, les applaudissements et l’enthousiasme de l’audience permettent de rapidement galvaniser le frontman du quatuor anglais, aux allures de crooner, et faire monter d’un cran la frénésie dans la salle. Le groupe enchaîne les titres, un mélange harmonieux de leurs deux premiers albums, à en faire vrombir les murs de brique des sous-sols du Botanique au rythme d’un post-punk envoûtant et introspectif.
La setlist est un subtil enchevêtrement de morceaux pêchus tels que The Big Curve, Bury Me in My Shoes et Lifesize, et d’envolées lyriques au rythme plus modeste, à l’instar de One Easy Thing et Powers of Ten, qui retentissent telle une cacophonie harmonieuse. La tension est à sa comble quand TV Priest quitte la scène, pour revenir quelques instants plus tard sous le rappel du public. Un magnifique et émotionnel Saintless, que le groupe a très peu l’habitude de jouer en live, et réserve visiblement pour les audiences les plus méritantes, vient conclure cette belle soirée.
Ce concert était personnellement la confirmation d’une découverte récente et il me tarde de voir leur prochain, à la sortie, je l’espère, d’un nouvel album à la hauteur de Uppers et My Other People.
Merci au Botanique pour l’invitation, et mon cher Nico pour les photos.


TV Priest