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Magasin 4

Devenu une institution, après quelques soucis et un déménagement, partons à la rencontre du Magasin 4.


Samedi 2 avril 2011

Cela fait un moment qu'on essaie d'avoir une interview du Magasin 4. Fort occupés, les bénévoles du lieu ont remis sur pied cette salle légendaire bruxelloise qui a bien failli disparaître. Aujourd'hui la programmation bat son plein et nous avons réussi à coincer 10 minutes, deux piliers (Denis et Eric) du Magasin 4 pour qu'ils répondent à nos questions. Promis, nous ne les avons ni torturés, ni menacés pour avoir ces réponses...





Commençons par un résumé de l’histoire du Magasin 4… afin de se rafraîchir la mémoire ou de vous présenter à ceux qui ne connaîtraient pas encore la salle

E : L’histoire débute en 94. En fait ça a suivi une salle de Molenbeek qui s’est faite fermer pour des problèmes de voisinage. On s’est replié à l’époque sur le 4 rue du Magasin. Puis 14 ans et 3500 groupes plus tard, on s’est fait jeter comme des malpropres par le propriétaire. Et donc enfin, nous avons eu l’opportunité d’avoir l’endroit ici (avenue du Port, 51 à Bruxelles, en face du site Tours et Taxis) depuis un an et demi.



Depuis un an et demi donc, vous êtes à votre nouvelle adresse, quel premier bilan tirez vous ?

E : C’est très positif

D : C’est très positif (en même temps qu’Eric). Même si nous ne sommes pas très loin géographiquement de l’ancienne adresse, nous nous rendons compte que les gens ont plus facile à venir ici.
Est-ce la proximité de Tours et Taxis qui joue ? Ou bien la facilité de parking ? Nous sommes un peu moins bien desservi par les transports en commun, par contre pour trouver une place, il n’y a plus de difficulté…
Peut-être aussi le fait qu’avec les problèmes de voisinage, nous devons adapter notre horaire en semaine et donc nous finissons les concerts plus tôt. Au début ça a peut-être été un peu dur de changer les comportements, mais maintenant les gens commencent à être bien habitués.
Ensuite comme la salle est plus grande et permet différentes dispositions, petit à petit, cela nous permet d’amener des groupes plus importants alors qu’avant, faute d’un lieu trop petit, ce n’était pas possible.





C’est un peu l’avantage du nouveau lieu, l’espace concert est plus important et donc vous pouvez vous permettre des programmations plus conséquentes …

D : Qui dit programmation plus importante, dit aussi cachets plus importants et emmerdes plus importants… Comme nous avons toujours fonctionné de manière Do It Yourself, l’argent que nous avions mis de côté par le passé, est aller dans l’aménagement du nouveau bâtiment et donc la première année, nous n’avons pu chatouiller les groupes plus importants vu que nous avions 0 euro sur le compte. Maintenant, la situation … je ne veux pas dire que nous sommes riches, mais maintenant qu’elle est revenue plus à la normale, nous pouvons nous permettre de nous engager sur des cachets plus conséquents.



Comment cela se passe justement la programmation ? La gestion de l’agenda et le choix des groupes programmés ?

D : Alors la gestion du calendrier… bin … est assez… assez (long moment d’hésitation) est assez complexe dans le sens où sur Bruxelles, qui est quand même une capitale, il n’y a pas vraiment d’autre salle accessible pour un groupe qui n’a pas de major qui les pousse derrière. Cela fait notre spécificité, mais en même temps nous sommes extrêmement sollicités puisqu’il y a beaucoup de groupes qui sont dans le cas. Dès lors il y a la programmation propre du Magasin 4, mais il y a aussi les co-productions avec différentes associations qui viennent organiser leurs événements. Nous mettons le lieu et la technique à disposition. Et donc à un moment donné, c’est vrai que cela donne un calendrier super chargé et super varié aussi.





Tout le monde est bénévole au Magasin 4. Comment faîtes-vous ?

E : Nous avons une joyeuse équipe bien efficace, y compris pour les gros travaux d’été.

D : C’est vrai qu’ici l’été, comme nous sommes fermés, nous en profitons pour faire les travaux de rénovations (isolation du toit l’été dernier) et d’aménagements et même pour ça nous pouvons compter sur une bande de bénévoles où chacun apporte sa spécialité.
Depuis les débuts du Magasin 4, nous avons toujours fonctionné comme cela.



Et au niveau des aides officielles (Ville, Région, Communauté…) … recevez-vous quelque chose ?

E : La ville, nous a bien aidés lorsque nous avons dû trouver un nouvel endroit. C’est elle qui nous a permis d’avoir l’endroit ici.

D : Nous avons une intervention financière de la Communauté Française puisque le Magasin 4 fait partie du réseau Club Plasma. Nous recevons un subside de fonctionnement qui est le même pour tout le monde (quelque chose comme 23.000 euros par an). C’est une aide qui a bien évoluée depuis la création du réseau Club Plasma parce qu’avant, nous ne recevions que 7.500 euros pour une année de fonctionnement. Ce qui était un peu ridicule quand on voit le prix d’une ampoule à changer ou les problèmes techniques qui peuvent survenir.



Cela a changé, tu dis, justement, on a souvent dit qu’en Flandres c’était mieux, on donnait plus de moyens ou on gérait mieux…

E : Une amélioration, oui. Dans le sens où jusqu’en 2002, nous ne recevions rien. Puis nous nous sommes retrouvés avec un petit subside de 7.500 euros…

D : Puis au moment, où ils ont décidé de monter les subsides de tous les clubs du réseau, le Magasin 4 a dû fermer. Comme le subside n’est valable que si tu as une année complète (du 1er janvier au 31 décembre) et que nous avons fermé au mois de juin et rouvert au mois d’octobre l’année suivante, nous n’avons pas perçu de subsides pendant deux ans, alors que nous étions en plein travaux d’aménagement. Donc tous nos cents qui restaient sont passés dans les travaux pour essayer de faire quelque chose de convenable.





Il y a un rapprochement avec le collectif flamand Heartbreaktunes qui s’opère… On constate progressivement des dates en co-production avec le Magasin 4. Comment se déroule cette collaboration ?

D : Très bien. Il faut dire que nous sommes à Bruxelles aussi. Déjà dans notre public de base, il y a des flamands qui viennent et fréquentent la salle, donc c’est un peu normal que des organisateurs flamands viennent présenter des dates ici.
Et puis, à Bruxelles, pour une capitale, il n’y a pas 10.000 salles où les groupes peuvent jouer. Je l’ai toujours dit, à Bruxelles, des Magasin 4, il pourrait y en avoir 3 ou 4 salles sans concurrence tellement qu’il y a de la demande. Enfin au niveau des groupes, parce qu’au niveau du public, là c’est autre chose. Au niveau de ce qui est intéressant à programmer et qui n’a pas de place ailleurs, il y a de quoi faire.



Depuis votre création, est-ce que vous avez constaté des évolutions ? Des difficultés nouvelles, de nouveaux comportements…

E : L’endroit a toujours drainé un public de gens intéressés de faire des découvertes…

D : Même si parfois, les gens viennent sans trop savoir, cela reste au Magasin 4 un public intéressé par la musique. La preuve, même si il n’y a pas grand monde aujourd’hui, le public est devant, il ne reste pas au bar pendant les concerts.
Ce qui a peut-être changé pour nous, c’est sûr que pendant beaucoup d’années, jusqu’il y a peu donc, nous n’avions jamais eu de contact avec la ville. La fermeture de l’ancien lieu et les différentes pétitions de l’époque ont permis aux autorités de s’intéresser à nous, tant du côté de la ville que de la Communauté Française, ils ont reconnu notre utilité sociale. Et là c’est la grande différence pour nous. C’est vrai que pendant 12 ans, nous avons fonctionné sans aucun soutien des autorités et maintenant nous sentons qu’ils sont derrière nous et nous appuient. C’est plaisant. D’autant que rien ne nous est imposé non plus en échange. On espère que tout ça continuera.





Nous sommes au mois de mars (au moment de l’interview), les programmations à venir d’avril et de mai sont plutôt bien chargées. Juin sans doute un peu moins…

D : Juin est déjà pas mal par rapport aux autres mois de juin des années précédentes, c’est déjà bien fourni.



J’ai vu que des dates s’annonçaient pour juillet aussi…

D : Juste NO MEANS NO
NO MEANS NO
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. Une opportunité qu’on rêve depuis longtemps.

E : C’est une date pour se faire plaisir.

D : Quand je disais que nous commençons à pouvoir faire des dates que nous ne pouvions pas nous permettre avant, celle de NO MEANS NO
NO MEANS NO
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est un exemple. Nous avons la chance de programmer NO MEANS NO
NO MEANS NO
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et FISHBONE
FISHBONE
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aussi au mois de mai. Ce sont des groupes qui nous tiennent à cœur depuis de nombreuses années et enfin, nous allons pouvoir les accueillir dans de bonnes conditions puisque maintenant la salle est irréprochable. Nous possédons du matériel et avons du bon son.
Nous n’avons pas envie de passer notre temps à jouer dans la cour des grands. Nous restons la salle tremplin et découverte que nous avons toujours été. 2,3 peut-être 4 ou 5 fois par an, nous avons envie de nous faire plaisir sur un groupe plus conséquent. C’est aussi une manière d’être valorisé et de valoriser notre travail.



Et puis, la reprise ?

D : en septembre et ça se bouscule déjà bien !



http://www.magasin4.be
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