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Scivias, une intelligence collective pour une meilleure représentation des femmes dans la musique

Mercredi 17 juillet 2019

Vous avez peut-être vu passer l’info, dernièrement, Shoot Me Again a rejoint le projet Scivias en qualité de membre adhérent. Sci… Chi… quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Scivias provient de l'expression latine Sci vias Domini et signifie « Sache les voies du seigneur ». C’est un ouvrage illustré par Hildegarde de Bingen (1098 - 1179), religieuse bénédictine, musicienne et femme de lettres.


Légende photo : Quelques membres de Scivias lors de l’atelier sur l’écriture inclusive du 16 juillet 2019 à la Maison des Musiques.

Scivias y va direct et affirme l’existence de discriminations implicites et explicites des femmes dans le secteur musical. En moyenne, on y trouve entre 20 et 25% de femmes. Et donc, entre 75 et 80% d’hommes.
J’imagine, sinon vous pouvez prendre rendez-vous chez l’ophtalmo, que vous avez aussi remarqué qu’il y a plus d’hommes que de femmes sur scène, dans les métiers techniques (ingé son, roadie, etc.) ou d’accompagnement (agent, producteur·trice, etc.).

Tout commence, fin 2018, quand Charline Cauchie, journaliste à la RTBF, soulève le fait qu'il y a peu de femmes inscrites au Concours Circuit. « Cet article de la RTBF, explique Caroline Lambert, chargée de communication chez Court-Circuit, a été l'élément déclencheur qui nous a lancé dans une discussion avec Wallonie-Bruxelles Musiques qui était aussi très interpellé par le peu d'artistes féminines au sein de concours comme le nôtre et forcément encore moins à des stades de développement plus avancés. »
D’autres institutions de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) ont été invitées autour de la table et, de réflexions en discussions, il a été décidé de lancer Scivias.

Les membres fondateurs sont : Wallonie-Bruxelles Musiques, Court-Circuit, le Conseil de la Musique, le Studio des Variétés Wallonie-Bruxelles, le Service des musiques non-classiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Botanique. En collaboration avec le FACIR (Fédération des Auteurs Compositeurs et Interprètes Réunis).

Le projet est assez unique dans son genre puisqu’aucun mouvement ne s'adresse spécifiquement au domaine musical en FWB, tout en étant porté par des institutions publiques.



Peu de statistiques

« Il est commun de dire qu'il y a moins de femmes qui font de la musique, poursuit Caroline Lambert, de Court-Circuit, mais le fait est que nous manquons cruellement de chiffres qui le prouvent. Il y a quantité de femmes dont nous ne connaissons pas l'existence juste parce qu'elles ne sont pas visibles ou ne se sentent pas légitimes en tant qu'artistes. Selon nous, il est important de soutenir et rendre visible les femmes dans le secteur musical et de collecter des données concrètes sur leur présence. »

Fabian Hidalgo, coordinateur du FACIR, ajoute que Scivias met en lumière une réalité qui n’est pas toujours visible par le public. Oui, des artistes femmes sont parfois en tête d’affiche de festivals mais cela ne reflète pas la réalité. « L’objectif sera atteint si le projet fait boule de neige, dit-il, et si d’autres mouvements rejoignent la démarche. Voir plus de femmes sur scène sera entraînant pour d’autres qui n’osent peut-être pas se lancer. »

Elise Dutrieux de Wallonie-Bruxelles Musiques m’explique que le projet Scivias est encore pilote, et qu’il se développe en fonction des rencontres, des échanges, des possibilités. « Nous croyons beaucoup à l'intelligence collective, dit-elle, et c'est pour ça que le projet s'est construit sur base d'échanges avec des collectifs féministes mais aussi des acteurs et des actrices du milieu. Nous voulons mettre en place une plateforme suffisamment ouverte et qui donne des clefs pour plus d'égalité, parce qu'il n'y a pas de règles toutes faites pour aboutir à une solution. »




Concrètement, ça donnera quoi ?

Scivias propose la création d'un répertoire de femmes actives dans le secteur musical en FWB et l’alimentation de l’IDLM (intégrale de la musique, portail web qui recense l’ensemble des personnes qui interviennent dans le secteur musical en FWB).
Scivias agit également via le gender budgeting (budgétisation sensible au genre, c’est-à-dire intégrer une dimension de genre dans les politiques publiques), l’écriture inclusive (attentions graphiques et syntaxiques qui permettent d’assurer une égalité de représentations des sexes), la parité dans les jurys, etc.

« Il y aura également une série de mises en action individuelles que les différentes structures lanceront de leur côté, poursuit Elise. Chacune de ces structures a son propre mode de fonctionnement. C'est pour ça qu'on veut laisser cette liberté d'action. Ces mises en actions individuelles seront détaillées dans notre premier rapport, en septembre prochain. »

« Au sein du FACIR, complète Fabian, nous allons sonder nos membres, 20% sont des femmes, pour voir les obstacles que les femmes peuvent rencontrer et comment on peut les aider à les solutionner. Nous pouvons aussi faire le lien avec le politique via notre canal de communication. »

Caroline ajoute : « Chacune des institutions fondatrices du projet, financées publiquement, a les moyens et le devoir de mettre en place des actions de soutien et de visibilité aux projets en développement. Donner accès et une place aux femmes dans la musique fait partie de ces actions et à terme nous ne devrions même plus avoir besoin de Scivias, la parité dans le secteur musical doit devenir une évidence. »




Rejoignez le projet !

En plus des membres fondateurs, Scivias a été rejoint par Luik Records, la Fédération des Jeunesses Musicales Wallonie-Bruxelles et l’Atelier 210, en tant que signataires. Pour être signataire, l’organisation doit soutenir le développement des carrières musicales en FWB et être financée par le secteur public.
Si elle ne répond pas à ces critères, alors elle peut postuler au statut de membre adhérent comme THIS SIDE UP, Fifty PR et nous, Shoot Me Again.

L’équipe de Shoot Me Again s’engage donc plus officiellement dans l’égalité entre les femmes et les hommes au niveau de la rédaction des articles, des interviews, des live reports et des chroniques. Il y a certainement aussi une attention à apporter aux photos publiées dans nos galeries photos.
Dès aujourd’hui, vous remarquerez (ou pas) que certains de nos rédacteurs·trices réfléchissent aux mots utilisés dans leurs écrits en adoptant l’écriture inclusive.
De manière plus générale, Shoot Me Again souhaite participer à une société plus inclusive. Parce que, comme disait le poète Ilhan Berk, « tout ce qui n’est pas nommé n’existe pas ».

Votre association ou organisation souhaite aussi s’engager pour une meilleure représentation des femmes dans le secteur de la musique -> http://www.scivias.be
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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évèn...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrièr...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe e...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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