SILVER RIOT sera l’exception qui confirme la règle. Le duo a cherché à s’orienter vers une musique instrumentale à la croisée de l’électro et de guitares plutôt incisives rappelant l’énergie punk. Là où ils auraient pu se contenter de composer une série de titres saucés rock et calibrés pour le dance-floor accompagnés de deux ou trois titres plus énervés pour argumenter le propos, SILVER RIOT a choisi de mettre les deux pieds dans le plat d’une musique à connotation réellement avant-gardiste. Certes, ce ne seront pas les premiers à mélanger l’électro et les guitares. Certes l’utilisation de l’électro s’est banalisé dans le rock.
Mais contrairement aux références qu’on essaie de nous vendre (THE PRODIGY, CHEMICAL BROTHERS), je préfère chercher des comparaisons plus vers SONIC YOUTH ou les guitares bruitistes de THE STOOGES.
On pourrait même dire que SILVER RIOT prêche par excès… Si on peut souligner l’audace de Pascal Van Der Wielen et de Joris Oster à s’éloigner avec succès d’une scène où YEL à briller, le duo souffre un peu de sa longueur sur Pittsburgh 1877. En effet, ce premier album trahit un certain manque de maturité au projet et l’exercice tend quelque peu à se répéter une fois la moitié de l’album passé. Pittsburgh 1877 et la musique de SILVER RIOT se conçoivent un peu comme une expérience sonore, à la limite du cinématographique, où la rythmique est bien présente mais où on aimerait, paradoxalement quelques influences mélodiques mais parcimonieuses comme sur 6AM.
SILVER RIOT crée donc la surprise et le duo s’engouffre honorablement dans un registre où on ne l’attendait pas particulièrement. Le projet a encore besoin de s’approfondir un peu, mais il mérite déjà une attention particulière.
