Les parties électro et claviers s'éloignent assez souvent des chiptunes 8-bit, lorgnant notamment vers la grandiloquence de ... Vangelis. Non, c'est vrai, il suffit d'entendre la chanson-titre pour s'en rendre compte. Moins de Mario Bros, plus de Jean Michel Jarre? Parfois, mais le trademark de HORSE the Band reste toutefois bien présent sur la majorité des morceaux, notamment Cloudwalker, ou le terrible HORSE the Song, emmené par un break eurodance qui pourrait (pourrait!) être d'assez mauvais goût. Un solo de Game Boy l'accompagne, marqué par quelques ramassages de pièces d'or.
Bien sûr, HORSE the Band reste un groupe hardcore tendance math, et Shapeshift fait fort dans le genre : ça hurle, chante, change de rythme toutes les trois secondes. On se demande d'ailleurs parfois si le groupe n'a pas trop d'idées, ou du moins essaie d'en faire trop, et finir par se retrouver un peu nulle part. A petites doses, Golden Mummy Golden Bird est appréciable, mais finit par être un tantinet too much. Heureusement que le groupe a assez de talent pour permettre à l'auditeur de ne pas s'ennuyer, comme le rappelle le break blues de Big Business ou la partie piano de Rape Escape (qui suit des synthés ressemblant étrangement au Girls & Boys de Blur). Mais HORSE the Band va encore plus loin, et deviendrait presque un groupe pop. Le très catchy Science Police s'inspire fortement des années 80s, avec des voix qui feraient presque Spandau Ballet, alors que Lord Gold Want of Unyielding commence par une voix claire mélodieuse. Bon, évidemment, après, ça dégénère, mais l'intention était là.
Six ans après R. Borlax, HORSE the Band a bien compris qu'ils devaient évoluer, et dans le genre electrocore barré, Iwrestledabearonce a repris le flambeau. Ils ont donc soigné leurs compos, font preuve d'un solide talent, et sortent un album certes perfectible, mais totalement appréciable.

Horse the Band
Blur