Les dix premières minutes de la plage d’ouverture ne viennent d’ailleurs pas ôter les doutes concernant le groupe. À tendance plus Noisy que Loud et avec un chant à demi clair, SNOWBLOOD s’illustre plus par un manque de maîtrise. Fort heureusement à environ la moitié de cette plage, une transition s’opère, dans un premier temps vers une musique dense et malsaine qui n’est pas sans rappeler le rampant KHANATE.
Ces dix premières minutes laborieuses s’oublient au fur et à mesure que le Post-Hard-Core-Metal de SNOWBLOOD trouve enfin sa place. À l’instar des Français de DIRGE, le groupe écossais reste malgré tout dans le trip NEUROSIS en récupérant à sa sauce les ambiances sombres et introspectives ainsi que les montées entêtantes et progressives. Malgré cette comparaison flagrante, la magie opère progressivement auprès de l’auditeur qui se laisse en fin de compte transporter. Grâce à ces moments particuliers où le groupe récupère l’attention et relance l’intérêt pour sa musique, SNOWBLOOD s’en sort plutôt bien en NEUROSIS-Like. L’enregistrement de l’album au beau milieu des Highlands par le groupe lui-même a dû jouer un rôle particulier, inspirant ces moments de mélancolie, de solitude et d’abandon qui viennent lier la sauce.
On pourrait une fois encore reprocher à SNOWBLOOD cette tendance à tirer en longueur ses chansons. D’autant que le groupe semble avoir parfois du mal à gérer certaines transitions d’idées à l’intérieur d’une même plage. Mais par respect pour le défunt, nous ne chipoterons plus et nous nous laisserons plutôt bercer par les ambiances du disque… en prenant quand même soin d’amputer l’album de ses dix premières minutes.

