Les Américains n’ont pas changé la recette 10 ans plus tard. Le groupe propose toujours un Hard Core brut, compact, agressif, riche en riffs aiguisés, fournis en breaks révolutionnaires et trusté par cette voix braillée et porcine de son chanteur Sean Ingram.
Ox se détruit et se reconstruit constamment. Au détour de chaque partie, COALESCE propose des compositions tortueuses aux paroles étranges. Pourtant Ox s’écoute avec une certaine fluidité qui surprendra les non amateurs du Chaotique Core. Cette facilité d’accroche tient aux nombreuses parties surprenantes que le groupe a éparpillé au gré de ses plages et de ses breaks. Allant puisé tant dans le Jazz, le Blues, la Noise, le Rock, le Psyché … COALESCE s’est approprié à nouveau un son bien à lui et des ambiances identifiables. Cette homogénéité avec cette diversité est la patte de COALESCE. Aussi hermétique qu’elle puisse être, la musique de COALESCE s’assimile sans trop de difficulté pourtant.
On retrouve le groupe aussi dissonant qu’avant et surtout aussi abrasif qu’à la belle époque. Le groupe emmené par le guitariste exceptionnel Joe Steineger et par un duo basse/batterie décapant envoie toujours un son inébranlable. Les structures inhabituelles font autant d’effets qu’il y a dix ans. COALESCE dans son condensé dense apporte juste un peu plus d’aération dans le jeu, actualisant ainsi son style et évitant de s’enfermer dans un son rétro, figé dans les 90’s mais en conservant intact son efficacité. Ed Rose, le producteur d’époque a lui aussi largement contribué à ce retour. Le son est énorme jusque dans les parties les plus fragiles. L’intensité est au rendez-vous dans les notes les plus simples et épurées comme dans le déluge de coups assénés. COALESCE n’a pas pris une ride et Ox est un album indispensable qui devrait se classer parmi les plus importants de cette année.
Coalesce
