Sans ménagement l’album démarre et s’engouffre dans une alternance de rage, de tension et de rythmes remarquablement agencée. Le tempo est ralenti, engluant le désespoir aux mélodies mises en avant par un jeu de guitares plus rock du groupe de Baltimore. Le style est assombri et ce n’est pas le chant écorché qui éclaircira les abysses de l’enfer.
Et si l’enfer a beau être vide, le monde réel déborde de suffisamment d’atrocités, de vilenies et de cruauté pour inspirer Rob Sullivan, son chanteur, ou la musique noircie de RUINER. Une intensité électrique se dégage des progressions mélancoliques et hargneuses rendant presque palpable cette désolation si peu optimiste de notre monde mise en musique.
Prepare To Be Let Down fut une bonne surprise. Hell Is Empty est une confirmation appuyée aussi bien pour les qualités du groupe que la progression de RUINER que pour la force dégagée dans ses ambiances obscures. L’album hypnotise son auditeur, l’emportant aux confins des abysses opaques du désabusé et de la hargne du révolté. Qui plus est, le son s’est habillé d’atours élégants dont un livret aux photos de recoins de Baltimore, eux aussi abandonnés au désespoir, magnifique.
Ruiner