- CHRONIQUE - MUSIQUE -
JON OLIVA'S PAIN
Festival
Labels :
Rock Inc.
/
AFM
Depuis la dissolution de Savatage, groupe légendaire de heavy metal qu'il avait fondé avec son défunt frère Criss en 1979, Jon Oliva n'a pas chômé. L'énorme (au sens propre comme au figuré d'ailleurs) chanteur-claviériste a poursuivi son travail avec Trans-Siberian Orchestra et, surtout, avec son propre projet solo Jon Oliva's Pain sous le label duquel il vient de sortir son quatrième album.
Si Festival n'est pas un concept-album, les thèmes abordés au travers des dix titres de cette nouvelle galette tournent autour du désespoir.
En effet, les nostalgiques de la période Savatage vont à coup sûr, à nouveau, se délecter des coups de gueule du bon Jon.
Dès les riffs larmoyants de Lies, on se laisse emporter par le torrent de mélodies des belles compositions de JOP. Et pour cause puisque le bougre a encore fouillé dans ses tiroirs estampillés Savatage pour retrouver des harmonies qui avaient été composés par son frère Criss décédé en 1993, victime d'un chauffard en état d'ivresse.
Jon ne s'est jamais remis de cette tragique séparation et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il a décidé d'appeler son projet Jon Oliva's Pain (=la douleur de Jon Oliva).
Abstenons-nous, cette fois, de réaliser une critique plage après plage mais jetons plutôt un regard, une vue d'ensemble sur l'oeuvre dans son intégralité.
D'un bout à l'autre de l'album, Jon Oliva démontre toute sa faculté à écrire de bonnes chansons et à utiliser tout ce qu'il faut pour les rendre attrayantes.
Les harmonies des claviers de "Death Rides A Black Horse" ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les dernières heures de Savatage. On ne s'étonnera, dès lors, pas que ce titre figure parmi les chansons préférées de son compositeur.
La pierre angulaire de cet album reste, néanmoins, "Afterglow". Jon y fait une démonstration vocale époustouflante, renversante. Ils ne sont pas nombreux à pouvoir mettre autant de puissance dans leur organe vocal, croyez-moi. Que dire aussi de ces envolées jazzy nappées de cordes savamment distillées ci et là...
Et pourtant, Jon a décidé d'intituler son album "Festival", 3e titre de son album. Cette idée est née à la suite d'un cauchemar réalisé où tous ses proches se rendent dans une fête foraine de laquelle ils ne reviendront jamais. Dès le début de la chanson, on entend cette musique de kermesse interrompue par le bruit du tonnerre et par les riffs cinglants et vertigineux. Pour peu, en fermant les yeux, on pourrait ressentir la vitesse effrénée d'une montagne russe qui ne s'arrête jamais...
Le seul petit reproche que l'on pourrait formuler à cette galette est son petit manque d'équilibre. Si les cinq premiers titres sont pêchus à souhait, les ciinq dernières compositions sont, quant à elles, plus douces puisqu'il y a pas moins de trois ballades. Mais ce n'est qu'un défaut mineur...
J'en entends déjà certains d'entre vous crier au cliché! Si on peut effectivement leur donner raison sur "Looking For Nothing", ils devront ravaler leur salive sur "Winter Haven", titre composé de passages orchestraux plus heavy que jamais. Et que dire de "Now" qui termine cet album si ce n'est qu'il est magistralement interprèté par Jon au piano et agrémenté de fabuleux breaks de guitares...
Ne tournons pas autour du pot, Jon Oliva vient de réaliser sa plus belle oeuvre depuis la cessation des activités de Savatage... Ni plus ni moins...
Vivement le Graspop à la fin du mois de juin...
20-03-2010