- CHRONIQUE - MUSIQUE -
SOULFLY
Omen
Label :
Roadrunner Records
Depuis son départ de Sepultura, Max Cavalera n'aura pas chômé. L'homme a en effet, participé de près, à la composition de huit albums en l'espace de douze petites années.
Avec Soulfly, le groupe qu'il a mis sur pied après Sepultura, il vient de sortir Omen, le septième album du groupe. Max a beau défendre son bébé avec détermination, il faut bien avouer que tout ce qu'il a réalisé avec son groupe n'est pas gravé à tout jamais dans les mémoires collectives.
Et c'est un peu ce même sentiment qui resurgit à l'esprit après l'écoute d'Omen. N'allons pas jusqu'à dire que l'album est mauvais mais son manque d'originalité est criant.
Et pourtant, le puissant "Bloodbath & Beyond" laisse présager le bon en guise de titre d'ouverture malgré sa structure stéréotypée. Néanmoins, le côté hardcore-punk qui se dégage de ce morceau confère à Soulfly la brutalité retrouvée qui se dégageait sur ses premiers albums. La sauce monte même d'un cran avec "Rise The Fallen", titre aux accents folk où Greg Puciato, le chanteur de The Dillinger Escape Plan, vient y pousser sa voix.
Malheureusement, il faut vite déchanter par la suite et le soufflé tombe aussi vite qu'une avalanche sur le Mont Blanc. Jamais un titre comme "Great Depression" n'a aussi bien porté son nom tant il est creux et on est effrayé par la banalité des riffs de l'excellent Marc Rizzo qui, pour l'occasion, donne un peu l'impression de ne pas s'être trop foulé les doigts.
Max Cavalera a perdu sa verve d'antan et cela s'entend tant dans l'écriture de ses textes que dans leur interprétation. "Jeffrey Dahmer" est un des nombreux titres dispensables de cet album qui manque réellement de consistance.
Mais tout n'est certainement pas à jeter. Ainsi, on retiendra encore "Lethal Injection" sur lequel Tommy Victor (Prong) pose quelques riffs et "Culture Vulture" pour son côté hardcore. Mais, au décompte final, cela fait bien peu pour un album qui rassemble 11 titres.
Même l'instrumental "Soulfly VII" qui ponctue "l'oeuvre" ne parvient pas à inverser une tendance qui donne l'impression que Max Cavalera a enchaîné les albums comme s'il s'agissait d'un processus immuable et récurrent. Un peu comme s'il était un des maillons d'un travail à la chaîne...
Un goût d'inachevé prédomine et on se dit, au final, que Max a sans doute quelque peu bâclé son travail comme s'il était pressé d'aller rejoindre son frère pour réaliser le deuxième album de Cavalera Conspiracy.
C'est assez regrettable d'autant que le groupe assurera la tête d'affiche du second jour au Graspop Metal Meeting Festival. Si l'idée paraissait originale au départ, voilà que le doute s'installe dans nos esprits. Mais, fort heureusement, l'énergie dégagée par Soulfly en live grâce à l'interprétation de ses plusieurs anciens titres ainsi que ceux de Sepultura devraient permettre aux kids de s'éclater. Car, ne l'oublions pas, Soulfly a surtout bâti sa légitimité sur scène. Et avec Omen, ce constat semble encore plus flagrant...
30-05-2010