D’ailleurs lorsque les majors auront compris que pour pallier la baisse de leurs ventes, ils doivent arrêter de baiser les consommateurs ; qu’ils ont bien profiter durant au minimum trois décennies ; ils proposeront en contre-attaque efficace aux téléchargements tant décriés, des objets sensuels, agréables au toucher et au regard contre lesquels internet ne pourra absolument rien. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’au sein de la scène underground, le vinyle revient en force… Car l’amateur de musique, s’il aime le son, il aime aussi l’objet. C’est le petit plus qui fait office de plus value.
Katatak et Boomboom rikordz l’ont tout aussi bien compris que NTWIN. Trio marseillais qui officie dans le rayon Noise avec un album vinyle tiré à 300 exemplaires dont la pochette est sérigraphiée. Il n’y a rien à faire c’est quand même bien plus joli qu’un livret Cd. Il ne s’agit pas ici d’enterrer le CD qui présente ses avantages mais de souligner la beauté d’un tel objet. On sent derrière un tel résultat la volonté de bien faire et de mettre en valeur son savoir faire.
Car NTWIN, s’il n’est connu que de quelques initiés, ne manque pas d’atouts. Bien évidemment parmi les nombreuses productions qui voient le jour à notre époque, il est difficile de faire la différence et il suffit d’allumer son poste de radio pour se rendre vite compte que ce n’est ni la qualité ni l’originalité qui aide sur ce point. Quoiqu’il en soit NTWIN ne démérite pas.
Il ne démérite pas parce que si l’objet est bien joli, la musique qui va avec, reste tout aussi intéressante. Oppressante, la Noise de NTWIN se veut tranchante et acérée. On pense parfois à nos amis de HITCH pour l’énergie. Elle sait se faire aussi obsédante. Et si parmi nos contrées plus nordiques, on rencontre aussi des groupes équivalents, on apprécie de savoir que des passerelles avec la scène méditerranéenne sont envisageables sans à avoir à rougir d’un côté comme de l’autre.
On réservera donc cet album aux amateurs de Noise serrée et aux réelles amateurs de musique. De toute manière, il n’y en aura pas pour tout le monde et tant pis si on se fait taxer d’élitisme, parce qu’en fin de compte pour s’acheter les dernières merdes jetables de la grande distribution musicale, il faut un portefeuille trop bien fourni…

Hitch