La formule est simple mais efficace : des riffs anguleux, des parties mélodiques évoluant en hardcore maîtrisé, une section rythmique solide et un chant captivant, entre passages plutôt emo et bonnes gueulantes. La production est assez lisse, mettant en évidence le talent des musiciens et l'évidence de morceaux simples de prime abord, mélodiques mais pas Coldplay pour autant, hardcore mais écoutables en toutes circonstances.
En fait, il est difficile de trouver quelque chose à redire, tant cet album est proche de la perfection dans le genre. Peut-être que la formule, limitée au départ, tend à se répéter, mais comme le groupe a eu l'excellente idée de garder l'album assez court (10 morceaux, 35 minutes), on n'a pas vraiment le temps de compter les plans répétés.
There Wil Be No Miracles Here, et c'est peut-être là sa principale qualité, est un album immédiat, mais qui se dévoile un peu plus à chaque écoute. Un fill de basse par ici, une accroche mélodique par là, on sent que beaucoup de soin a été accordé à sa création, et ce qui est perdu en spontanéité est gagné en efficacité. On pointera par exemple les doubles guitares d'Abul Abbas et son refrain proto-emo, le tube en puissance Bones et ses guitares glaciales (enfin, dans un univers sérieusement parallèle) ou encore Marching Line, son rythme militaire et son coda très bruyant.
Au final, Frontier(s) nous offre un excellent album, marqué par le sceau de la voix attachante (mais pas trop typée emo) de Chris Higdon, épaulé par un trio de musiciens qui savent parfaitement ce qu'ils font. On en veut encore.
Fär