Alors 2010 sera-t-elle l’année de l’amour inconditionnel pour RENO tel que le laisse présager le titre de cet album ? En commençant par le titre agressif et sans concession « Candidates facing bombs » dont le clip vidéo avait déjà circulé, ils placent la barre très haut dans le domaine du BAM dans ta gueule (appelons plutôt ça du hardcore chaotique). Ils ne jouent pas la facilité avec des complexités incompréhensibles pour initiés du contre-temps non plus, ça reste subtil et direct à la fois.
Les choses ne se calment pas avec les 3 morceaux suivants, dont ma grosse préférence pour « Those times we need » à la fois méchant, dansant, festif (wouuuuh !) et hystériquant sur la fin du morceau, de simples coups de batterie sur de sales larsens mais ô combien efficace. Amusant d’ailleurs de voir un groupe aussi habile avec les changements de tempo intégrer de manière aussi audacieuse de tels passages. L’expérience de leur touffu batteur David (Psalm, Broken Promises, Zaccharia, etc.) n’y est sans doute pas étrangère. Sa maturité et celle du chanteur David (lui aussi) mélangés à la fraîcheur du guitariste et du bassiste donne certainement ce côté fou, barré mais pas brouillon ou inaudible. Il faut dire que cette musique est un terrain glissant : un peu moins et on se fait chier, un peu plus et on n’y comprend plus rien. Bien dosé, ça fait mal.
Excellente idée de mettre un morceau plus mid-tempo en cinquième piste (Is this a turning point or just the end ?). Ca permet d’avaler tout ce qu’on vient de ramasser pendant 10 minutes. Comme boire une Leffe Brune pour se remettre de plusieurs Chimay Bleues. Dissonnant à souhait, le groupe est toujours à l’aise et inventif que dans son registre plus rapide.
On vous sort souvent cette rengaine mais je suis obligé d’en parler. Cet album est énorme mais RENO est avant tout un groupe de scène. Mon collègue qui avait chroniqué le 7" avait utilisé l’expression « joyeux bordel » et je ne peux que le suivre sur ce point. Une vraie fête de tarés qu’on ne voudrait pas dans son salon mais pas trop loin quand même.
Pour ma part, 2010 est l’année de mon amour naissant pour RENO. Je souhaite maintenant que 2011 soit celle de la consécration !



Broken Promises