Age of disgrace, malgré sa thématique reflète une période de renaissance pour le groupe liégeois après une année de vache maigre à la recherche d’un chanteur et d’un second guitariste à la hauteur de leur talent. C’est clair que maintenant, les jumeaux Gustin (batterie et bass) et le guitariste virevoltant Antoine Paterka, n’ont pas à rougir de leurs nouvelles recrues. Le front man, Jérôme Bernard a la voix grave d’un chacal en rute tandis que le second guitariste, Emerson, n’éprouve aucune peine à suivre la cadence infernale imposée par Paterka, comme en atteste notamment le morceau qui clos l’album, The Clue, the Lie and the Death.
Bien que fraîchement composé, ce nouveau line up démontre des qualités indéniables, et une maîtrise technique bien au dessus de la moyenne. En témoigne la qualité des solos guitares venimeux des titres Contagious et Betrayal of light, rendant hommage indirectement à la virtuosité d'un Chuck Schuldiner.
Ce onze titres enregistré et mixé au studio Mammouth par Jérémy Stoz est un album bien huilé, loin d’un magma sonore abrutissant. Il s’écoute plutôt comme un bon vieux disque de jazz au coin du feu où chaque instrument, tout comme la voix, apparaît bien distinctement à nos oreilles et semble être habité d’idées et de compositions très personnelles.
Ajoutons que le artwork, très soigné, est signé par le dessinateur David Caryn dont le travail rappelle la pochette de Blessed are the sick de Morbid Angel, tirée de l’oeuvre du symboliste Jean Deville.

Pestifer
Cynic