Chronique

MY OWN PRIVATE ALASKA
The Red Sessions

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Kertone Production

8 titres - 45 minutes


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Mercredi 1 juin 2011

D’emblée, j’ai trouvé curieux l’initiative de sortir un EP acoustique. Enfin, surtout pour un trio piano-batterie-chant qui par définition est déjà acoustique. Alors, que diable ont-ils voulu dire par là ?

La réponse apparaît déjà dès les premières minutes de Red, qui donne son titre à cet EP. Les explosions de voix et de batterie qui se battaient contre les martèlements du piano semblaient une constante inévitable de la musique du groupe. Pourtant, l’approche est ici bien plus sobre, plus douce, plus intime. La violence se veut maintenant plus profonde, plus psychologique même. Ce morceau est le seul de ce recueil à n’être jamais sorti sur un autre album, et on pourrait par conséquent supposer qu’il a été construit et élaboré dans cette nouvelle approche, ce qui explique son efficacité immédiate.

Passons maintenant aux morceaux connus et réinventés. Leur single After You a pas mal circulé sur le web et se caractérisait par une puissance étonnante. A l’écouter sans y faire attention, l’absence de guitare et de basse passait presque inaperçue tant le piano et la voix saturée se suffisaient à eux-mêmes. Le gros atout de ce morceau était également une montée de puissance qu’ils ont, avouons-le, un peu de mal à retranscrire dans ce format acoustique. J’ai d’abord été interpellé et touché par cette approche mais une fois le morceau fini je suis resté un peu sur ma faim. C’est plat.

Le défi initial de MOPA
MOPA


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(son line-up peu singulier) était intéressant dans l’approche « core » de leur musique car ils parvenaient à faire passer des sentiments de haine et de violence sans ces sacro-saintes guitares saturées et basses dévastatrices. Ce gageure leur a valu le respect du public surtout grâce à l’excellent album Amen. Maintenant, faire passer des sentiments de mélancolie et de tristesse avec un piano et du chant c’est beaucoup plus classique quand même. Certains passages m’ont rappelé An Pierlé, que j’ai également trouvée moins intéressante à l’époque quand elle a ajouté de la batterie à son set piano-voix.

L’éternel Die For You, qui est le seul à figurer sur les 3 sorties du groupe, est contre toute attente la réinvention la plus réussie. Il est appréhendé avec beaucoup de sobriété et de classe ce qui facilite les variations dans l’intensité de la voix et de la batterie par la suite. Comme si dans ce morceau MOPA avait trouvé sa formule magique, une suite de passages qui fonctionnent en tout circonstance peu importe leur interprétation.

Anchorage ouvrait Amen et arrive ici comme une pause dans cet EP étonnant. Il est interprété uniquement par Tristan au piano, qui progresse d’ailleurs techniquement de manière étonnante. On le sent plus à l’aise avec son instrument et n’aurait sans doute pas eu l’audace d’interpréter un morceau entièrement seul auparavant.

J’ai voulu prendre mon temps pour cette chronique, car un disque de ce type se révèle au fil des écoutes. En ce qui me concerne, si je n’ai pas pu être complètement conquis par ces réinterprétations, je dois avouer l’effet étrange que ce disque a eu sur moi, comme s’il marquait la fin de quelque chose. Chaque morceau aurait sa place à la fin de tout album du groupe, pour une raison que j’ai du mal à expliquer par des mots. Plus que la fin de quelque chose, c’est parfois même l’après-quelque chose que cet album peut évoquer. En tout cas, si la douceur et l’apparente simplicité de cet album le rend agréable à l’écoute en fond sonore, c’est en y donnant toute son attention qu’on rendra justice à My Own Private Alaska
My Own Private Alaska


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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

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