Bien que fort intéressant, l’opus commence mal et nous donne par ces trois premiers morceaux un aperçu de ce que le post-rock a de plus ennuyeux. Ce type de musique mystérieuse avec ses guitares crescendo a déjà été entendu cent fois et rappelle, sans pour autant égaler, ce que Mogwai ou Explosions In The Sky ont produit il y a plus de dix ans.
Heureusement, cet album sort des clichés du genre dés le morceau suivant grâce à l’utilisation de percussions utilisées dans la musique traditionnelle indienne. Cette touche plus personnelle et spirituelle se confirme sur le morceau Danubio, de loin le plus abouti de l’album. Celui-ci nous transporte par ses sonorités space-rock organiques où les guitares dissonantes et les échos rappellent la toundra, cercles gigantesques formés par la végétation dans l’hémisphère nord. Par la suite, ces sonorités « bio » finissent par se transformer en riffs lourds, quasi stoner, qui sortent l’auditeur de son état de pesanteur et de rêverie. Ce réveil puissant se confirme sur les deux derniers morceaux de l’album, même si sur Bizancio, du violoncelle vient apporter une couche d’émotion supplémentaire.
Ce deuxième album du quatuor nous réserve donc son lot de surprises si l’auditeur se force cependant à prolonger son écoute au-delà des trois premiers titres. Il est clair que la musique envoûtante de Toundra en séduira plus d’un. Mais elle donnera surtout l’envie d’aller fouiller un peu plus loin dans cette pépinière de talents que représente la scène rock espagnole actuelle.

Toundra
Mogwai
Explosions in the Sky