Il faut dire que la formation n'a pas froid aux yeux. Du côté des étiquettes, les Liégeois ne se privent pas pour brouiller les pistes et donner des migraines aux chroniqueurs que nous sommes. Ce n'est donc pas le chemin de la facilité que CALIGULA a choisi pour réussir dans le paysage rock.
Créé sur les cendres d'une formation inaboutie, CALIGULA connaît des débuts plutôt classiques, même si déjà audacieux. Ainsi les deux membres fondateurs n'ont pas hésité à se lancer dans l'aventure seuls et accompagnés de machines, avant de voir s'étoffer leurs rangs.
Ceux qui désireront faire simple, diront que CALIGULA fait du Métal. Des initiés parleront également de Thrash et d'Avant-Garde. Moi, je vous dirais de penser à CARNIVAL IN COAL ou encore aux déjantés de MR BUNGLE qui voleraient des partitions à METALLICA. On retrouve effectivement des guitares très métallisées, des riffs thrashs, un chant aux facettes multiples capable d'extrêmes, du mélodique jusqu'au guttural CANNIBAL CORPSE.
CALIGULA n'est pas non plus dénué d'humour. Principalement dans les textes et le clavier qui apporte une touche de légèreté au fond distortioné et speedé du big band.
Pour que tant de délires sonnent juste et s'accordent, il est nécessaire d'avoir à faire à des musiciens capables, sans quoi, le tout retombe aussi vite qu'un soufflé. Côté technique, CALIGULA s'en sort plutôt bien. Les musiciens maîtrisent leurs instruments et leurs expressions. Côté résultat, le quintet est également à la hauteur, parce que justement dans cette débauche d’excentricité, il réussit à doser, proposant un album assez concis qui évite les excès indigestes. Voilà une bonne dose de Métal, ni ringarde, ni pompeuse, tout en efficacité et en richesse.


