C'est en étoffant son jeu et son style que le groupe originaire de la Province du Luxembourg et de ses forêts de sapins gagne ses galons. Il n'est pas évident d'offrir du neuf avec une musique qui a non seulement marqué son époque, mais qui plus est, a contribué à l'histoire du rock.
HELL-O-TIKI reste un groupe Live et surtout visuel. Malgré l'absence de chant et par conséquent d'une dynamique scénique qui fait souvent défaut dans des registres comme le Post-Rock, le Surf de nos compatriotes occupe l'espace en concert. Le style enjoué et dansant contribuant à l'ambiance, c'est aussi la décoration, les costumes et la présences de danseuses burlesques version Chicklettes qui font la marque de fabrique de HELL-O-TIKI. Par conséquent le gros souci pour le groupe, sur CD, c'est d'arriver à susciter le même intérêt que les shows, le visuel en moins.
De trois musiciens (basse, guitare, batterie), HELL-O-TIKI est passé à 4 en intégrant un nouveau lutteur masqué au commande d'un microKorg. Et pour les besoins de l'album, la formation belge s'est aussi adjointe les services d'une trompette, de thérémine et de backing vocaux pour pimenter un peu sa musique.
Une musique qui a donc pris des couleurs et du relief pour tenir avec aisance la longueur de l'album. Usant de l'énergie du style, mais aussi des accents mélancoliques que la Reverb, avec ou sans trompette, peut retranscrire, HELL-O-TIKI passe du creux de la vague à son sommet avant d’atterrir sur la plage autour d'un bon feu inaugurant la fête en l'honneur du sauvetage d'une malheureuse Chicklette, des tentacules d'une mutante mi-pieuvre mi-femme.
Doté d'un son à la hauteur de la légèreté et de l'engouement du style emprunté que l'on doit au travail conjoint de François Dediste et Bart Van Lier (THE AGITATORS), HELL-O-TIKI s'est décidé à poser sur disque sa reprise de KIM WILDE, Kids In America. Un titre qui fait partie du répertoire du groupe depuis ses débuts ou presque, et qui a grandit en interprétation avec la formation. Elle arrive donc comme ce dernier, bien mûre.
Autre cover, plus surprenante, mais tout aussi réussie, c'est celle de SLAYER. Intrigante à la fois dans le choix et dans l'interprétation, cette version de Raining Blood délaisse la vitesse et la brutalité pour un résultat toujours effrayant mais plus ovni-esque, toujours à la limite mais jamais sans sombrer dans la S-F kitsch.
Démarré quelque peu sans prétention si ce n'est celle de l'amusement, HELL-O-TIKI est devenu une formation solide qui avait fait ses preuves scéniquement à l'aide de son visuel. Attack Of Lady Octopussy dévoile un groupe qui a mûri et su faire évoluer sa musique vers plus de finesse et moins d'évidence. HELL-O-TIKI gagne encore en attrait, augmentant sa faculté à tenir la longueur.

Hell-O-Tiki

Slayer