Projet à l'origine de Genital Grinder et Como Muertos, qui se sont mis à la recherche d'un label pour le sortir, ce split vinyle 12" a eu un peu de mal à sortir. Il a été annoncé par le label
Apathia Records
dans le courant 2011, pour le plus grand bonheur des amateurs de bon gros death metal, mais il a eu cependant dû être retardé de quelques semaines, et ce à cause d'un incendie dans l'usine qui pressait les vinyles. "Le disque était sans doute un peu trop brûlant pour eux et leurs installations n'ont pas dû résister !" dira dans son communiqué la responsable du label français non sans humour. Maintenant c'est chose réparée et nous pouvons enfin nous délecter de ce manifeste de brutalité.
C'est Genital Grinder qui ouvre les hostilités. Actif depuis 1997, le groupe fut plus ou moins affilié à la scène grind/death pipi-caca (Gronibard, Ultra Vomit) avec son 1er album éponyme (2003), mais changea rapidement son fusil d'épaule pour œuvrer dans le death plus traditionnel dès l'album suivant. Le bande de Seb Purulator (alias BST de Aosoth et The Order of Apollyon) nous livre ici 4 titres de pur death metal, toujours gore dans l'imagerie véhiculée mais old school dans la construction et le son. Les morceaux n’excèdent pas les 4 minutes et sont "direct in your face". Des passages plus lourds parsemés de solos de guitare succèdent à des parties frénétiques, le tout avec une bonne voix gutturale comme on les aime dans le genre. Des parties frénétiques, donc, mais sans jamais tomber dans la surenchère des blast-beats à outrance. Pourtant, on ne pourra s'empêcher de trouver l'ensemble des plus communs, peut-être un manque de personnalité, en restant néanmoins efficaces. Un petit bémol : ces titres de Genital Grinder auraient sans doute gagné à avoir une production plus puissante. Le son semble un peu plus en retrait par rapport à ce qui suivra sur le disque.
Du côté de Como Muertos, on est plutôt dans le bon gros death qui tache, du "groovy horror metal with cojones" selon leurs propres dires. Le groupe, français également, s'exprime lui en espagnol (langue maternelle du hurleur en chef) et fera donc inévitablement penser aux terroristes sonores de Brujeria et surtout Asesino (avec Dino Cazares de Fear Factory), même si il faut avouer qu'il n'en est pas une simple copie. L'univers ici est plus orienté slasher movies, la preuve avec les 2-3 samples disseminés dans les compositions, même si moins nombreux qu'à l'habitude. Musicalement, les 4 morceaux proposés par Como Muertos sonnent donc moins "classiques" que ses compagnons de split. Ils sont plus gras, parfois plus brutaux et rapides aussi. On peut faire le rapprochement avec le death'n'roll des vétérans d'Entombed ou des allemands de Debauchery, avec cette touche de groove qui caractérise le style du groupe. Ce qui rend leur musique peut-être plus accrocheuse. Mais ça c'est une question de goût. Les compos ne sont pas non plus très longues, on va droit au but. Comme je le soulignais en parlant de la production de Genital Grinder, celle de Como Muertos sonne plus généreuse et plus claire.
Au final, ce split nous présente 2 visages différents mais tout aussi intéressants de la scène underground française, pour un peu moins d'une demi-heure de tabassage en règle. Dernière précision : les 8 titres de ce disque ont été enregistrés exclusivement pour l'occasion.